Nissan Motor prévoit de rationaliser sa gamme automobile mondiale en supprimant les modèles les moins performants et déploiera, à long terme, des technologies de conduite assistée par intelligence artificielle sur 90% de sa flotte, a annoncé le constructeur mardi.

Ces changements, détaillés dans un communiqué sur sa stratégie à long terme faisant suite au plan de restructuration présenté par le directeur de la planification Ivan Espinosa l'an dernier, visent à revitaliser le quatrième constructeur automobile japonais après des années de turbulences.

Le groupe a précisé qu'il ramènerait le nombre de ses modèles de 56 à 45, avec pour objectif des ventes annuelles de 1 million de véhicules aux États-Unis comme en Chine d'ici l'exercice 2030, tout en portant son volume de ventes annuel au Japon à 550 000 unités d'ici cette échéance.

M. Espinosa a également dévoilé une version hybride du SUV Rogue - connu sous le nom de X-Trail au Japon - ainsi qu'une déclinaison électrique du modèle Juke.

"C'est ainsi que notre stratégie de portefeuille prend vie, ancrée dans la rentabilité et bâtie autour d'une gamme plus resserrée et plus forte", a déclaré M. Espinosa.

Nissan va également élargir les options de motorisation de ses modèles et réinvestir dans la croissance, a-t-il ajouté.

PROGRÈS DU REDRESSEMENT

Nissan a indiqué qu'un point d'étape sur l'avancement du plan de restructuration de l'an dernier serait fait lors de la publication des résultats financiers annuels le mois prochain, avant l'annonce d'autres éléments d'orientation stratégique plus tard dans l'année.

Dans le cadre du vaste plan de redressement de M. Espinosa, Nissan réduit son empreinte industrielle mondiale et comprime ses effectifs de 15%.

M. Espinosa a estimé que le moment était venu pour le constructeur, qui reste distancé par Toyota, Honda et Suzuki en termes de volumes, d'affiner sa vision à long terme pour guider son action alors qu'il atteint la mi-parcours de son plan de redressement.

"Nous pensons que la société est susceptible de présenter des perspectives relativement constructives, ce qui pourrait être perçu de manière modérément positive à court terme", ont noté les analystes de Bernstein.

"Cela dit, compte tenu de l'incertitude macroéconomique actuelle, la visibilité reste limitée quant à la capacité de Nissan à délivrer une croissance pérenne de son chiffre d'affaires et à réussir un véritable redressement."

Malgré le conflit au Moyen-Orient, Nissan reste déterminé à accroître ses ventes dans la région, où il compte bénéficier d'un marché en croissance et de solides performances, a déclaré aux journalistes Guillaume Cartier, directeur de la performance.

Le constructeur a commencé à acheminer ses véhicules vers des ports au Sri Lanka, à Singapour et en Chine avant de les expédier vers Fujaïrah aux Émirats arabes unis et Djeddah en Arabie saoudite pour leur transport ultérieur.

"Nous croyons toujours que le Moyen-Orient va croître", a affirmé M. Cartier, ajoutant que Nissan ne modifiait pas sa stratégie.

Nissan a déclaré qu'il ferait de l'exportation un pilier stratégique en Chine, en expédiant sa berline électrique N7 vers l'Amérique latine et l'ASEAN, ainsi que son pick-up Frontier Pro vers le Moyen-Orient en plus de ces marchés.

L'entreprise vise également à produire davantage de véhicules aux États-Unis en portant son taux de production locale à 80% à terme, contre environ 60% actuellement, et à régénérer sa marque de luxe Infiniti par l'introduction de nouveaux modèles.

LE CONSTRUCTEUR PRÉVOIT UNE SÉRIE COMPACTE AU JAPON

Au Japon, le constructeur lancera une gamme de voitures compactes à partir de l'exercice 2028, a-t-il précisé. Il s'efforcera de déployer des capacités de conduite autonome de bout en bout sur son nouveau monospace Elgrand, dont le lancement est prévu au Japon cet été, d'ici la fin de l'exercice 2027.

Nissan a conclu des partenariats pour le développement de robots-taxis avec Uber Technologies et la startup britannique Wayve, avec l'objectif de lancer un programme pilote à Tokyo d'ici fin 2026.

L'action Nissan a clôturé la séance en hausse de 1,4%, sous-performant la progression de 2,4% de l'indice de référence Nikkei.

La société doit publier ses résultats financiers annuels le 13 mai. En février, elle avait nettement révisé ses prévisions de perte annuelle et publié un bénéfice surprise au troisième trimestre, signe que son redressement semble gagner en vigueur.