Panama Ports Company (PPC) - qui a déjà engagé une procédure d'arbitrage contre le Panama - a déclaré dans un communiqué que Maersk avait rompu un contrat de long terme en s'alliant au gouvernement panaméen pour l'évincer de ses opérations au port de Balboa, afin de la remplacer par un opérateur affilié au groupe danois.
"En violation du contrat, Maersk a sapé l'accord et s'est aligné sur la République du Panama dans le cadre de sa campagne étatique contre PPC et d'un stratagème visant à la remplacer par une prise de contrôle installant de nouveaux opérateurs portuaires", a affirmé PPC dans un communiqué.
La société a précisé que l'arbitrage se tiendrait à Londres.
Maersk, l'un des plus grands groupes de transport maritime au monde et opérateur portuaire majeur, a rejeté ces accusations. "Maersk estime ne pas être responsable des griefs invoqués et y répondra devant l'instance appropriée", a déclaré la société danoise dans un communiqué transmis à Reuters.
Le gouvernement panaméen n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.
UNE DÉCISION DE JUSTICE INVALIDE LA CONCESSION DE PPC
L'action CK Hutchison cotée à Hong Kong a progressé de 3,54%, tandis que l'indice Hang Seng s'adjugeait 2,77%.
Fin janvier, la Cour suprême du Panama a invalidé le cadre juridique soutenant la concession de 1997 qui accordait à PPC le droit d'exploiter les terminaux de Balboa, côté Pacifique, et de Cristobal, côté Atlantique, de part et d'autre du canal de Panama.
Le gouvernement panaméen a ensuite attribué des contrats temporaires à des filiales de Maersk et de Mediterranean Shipping Company (MSC) pour gérer respectivement Balboa et Cristobal. PPC avait précédemment qualifié d'illégales l'annulation des contrats et l'attribution de ces licences temporaires.
PPC a indiqué fin mars avoir élargi sa demande d'arbitrage international contre le Panama, portant sa réclamation de dommages et intérêts à plus de 2 milliards de dollars. Elle a précisé que son action contre Maersk est distincte et ne préjudicie en rien ses efforts actuels pour "tenir le Panama responsable de sa conduite anticonflictuelle et hostile aux investisseurs".
L'arrêt de la Cour suprême annulant le contrat fait suite à une pression prolongée de l'administration Trump, qui a exprimé son souhait de "reprendre en main" le canal de Panama. L'administration américaine a déclaré vouloir freiner ce qu'elle qualifie d'influence chinoise sur cette voie navigable clé, par laquelle transite environ 5% du commerce maritime mondial.
Pékin a accusé les États-Unis de "tactiques d'intimidation" et a appelé les gouvernements étrangers à garantir un environnement commercial équitable.
Ce litige complique également le projet de cession par CK Hutchison d'une participation majoritaire dans ses activités portuaires mondiales pour 23 milliards de dollars à un consortium mené par BlackRock et MSC.




















