Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris évolue en recul vendredi, tirée vers le bas par des espoirs amoindris d'un assouplissement monétaire à venir aux Etats-Unis, en l'absence de données économiques clés.
Vers 10H45, l'indice CAC 40 perdait 0,85%, pour s'établir à 8162,90 points.
Jeudi, l'indice vedette de la Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,11%, à 8232,49 points. Il a toutefois inscrit un nouveau record absolu au début de la séance à 8314,23 points, franchissant pour la première fois de son histoire la barre des 8300 points.
"Le sentiment de marché oscille fortement cette semaine, reflétant un choc de récits qui laisse les investisseurs en quête de direction", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
Elle évoque d'un côté "l'optimisme lié à la fin du +shutdown+ du gouvernement américain", et de l'autre, "le retour des inquiétudes sur la durabilité du boom de l'IA et la résistance des responsables de la Réserve fédérale (Fed) face aux anticipations agressives de baisses de taux".
La fin de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis avait en effet d'abord soulagé les marchés, poussant même le CAC 40 jusqu'à des records en séance, mais laisse désormais place à un flou statistique quant à l'état de l'économie américaine. Le shutdown a en effet retardé la publication d'un certain nombre de données économiques clés.
Lors de sa prochaine réunion de politique monétaire en décembre, la Fed "devra arbitrer avec un indicateur amputé, un handicap majeur alors que l'état du marché du travail reste central pour son scénario de taux", explique John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.
Des membres de l'institution monétaire se sont d'ailleurs exprimés avec un ton plus prudent. La présidente de la Fed de Boston Susan Collins, qui vote cette année sur les taux directeurs, a par exemple affirmé mercredi que "la barre (était) plutôt haute" pour envisager une nouvelle détente des taux à court terme, en ajoutant qu'elle voudrait d'abord s'assurer que l'inflation décélère "durablement".
En conséquence, "les investisseurs ont revu à la baisse leurs attentes concernant l'assouplissement de la politique monétaire de la Fed à court terme", relèvent les analystes de Natixis.
"Les investisseurs oscillent entre la confiance dans un prochain assouplissement monétaire et la crainte que l'inflation ou la surévaluation de certains secteurs ne poussent la Fed à rester prudente plus longtemps", résume Mme Hathorn.
Alstom prend de la vitesse
Le constructeur ferroviaire français Alstom a enregistré un bon premier semestre sur son exercice annuel décalé 2025-2026, avec des ventes et un bénéfice net en hausse, portés par l'appétit de trains un peu partout dans le monde, a-t-il annoncé jeudi.
D'avril à septembre, Alstom a dégagé un bénéfice net de 220 millions d'euros (contre 53 millions au premier semestre de son exercice 2024-25), grâce à une meilleure rentabilité opérationnelle, une baisse des frais financiers et la fin du programme d'intégration de Bombardier.
Le titre Alstom grimpait de 4,66% à 23,81 euros vers 10H45.
Ubisoft suspendu en Bourse
La cotation du géant français des jeux vidéo Ubisoft a été suspendue vendredi à la Bourse de Paris à sa demande, au lendemain de l'annonce du report de publication de ses résultats du premier semestre.
Le titre est suspendu à compter de l'ouverture du marché ce vendredi "à la demande de la société, à la suite de la publication d'un communiqué de presse et jusqu'à nouvel avis", selon une notice d'Euronext.
Le titre de l'éditeur, qui compte dans son catalogue des jeux majeurs comme "Assassin's Creed", "Far Cry" ou "Just Dance", a dévissé de presque 50% depuis le début de l'année.
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