Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris a terminé en forte baisse de 1,78% lundi, après une séance marquée par un regain des tensions géopolitiques dans le sillage des menaces de surtaxes douanières de Donald Trump visant plusieurs pays de l'UE, dont la France, opposés à son projet d'annexion du Groenland.

Le CAC 40 s'est replié de 146,92 points, pour s'établir à 8.112,02 points à la clôture, signant sa pire séance depuis le début de l'année. Vendredi, l'indice vedette Parisien avait perdu 0,65% à 8.258,94 points.

Le luxe, secteur qui pèse lourd dans la cote Parisienne, a particulièrement baissé en raison de son exposition aux Etats-Unis et de sa dépendance aux exportations.

LVMH a chuté de 4,33% à 582,80 euros, Hermès a perdu 3,52% à 2.113,00 euros et Kering 4,10% à 276,85 euros. Le géant des cosmétiques L'Oreal a reculé de 1,01% à 380,95 euros.

Le secteur automobile a lui aussi accusé le coup: Renault a cédé 2,14% à 31,15 euros et Stellantis a reculé de 1,91% à 8,22 euros.

A l'inverse, plusieurs valeurs du secteur de la défense ont tiré leur épingle du jeu, profitant du regain des tensions géopolitiques. Alstom affiche la plus forte progression de la séance sur le CAC 40, gagnant 2,99% à 26,86 euros, suivi de Thales, en hausse de 1,07% à 264,40 euros.

Ailleurs à la cote Parisienne, Dassault Aviation a pris 3,98% à 329,00 euros.

Dans le détail, Donald Trump a menacé ce week-end huit pays, dont la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, de nouvelles surtaxes douanières sur leurs exportations aux Etats-Unis, en raison de leur opposition à sa volonté de s'emparer du Groenland.

Bien qu'en baisse, "le marché ne cède pas à la panique", souligne néanmoins Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie marchés de Natixis IM.

L'Union européenne et les Etats-Unis "sont interconnectées, mais il s'agit d'économies fermées et donc fondamentalement, les impacts sont relativement limités", explique l'économiste.

En comparaison, en avril 2025, la première vague de droits de douane "réciproques" américains avait provoqué le décrochage de 4 à 6% des principales places financières européennes.

Sur le marché de la dette, le rendement de l'emprunt français à 10 ans est resté plutôt stable, terminant à 3,49% contre 3,51% en clôture vendredi.

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