Paris (awp/afp) - La Bourse de Paris cède du terrain mercredi, après de nouveaux échanges de frappes au Moyen-Orient entre l'Iran et les Etats-Unis, qui provoquent une hausse des prix du pétrole et des taux d'intérêt des dettes publiques en Europe.
Vers 9H40 (heure de Paris) le CAC 40 cédait 0,79% à 8.369,65 points. La veille, il avait terminé en baisse de 0,51% à 8.436,24 points.
"Les investisseurs doivent digérer l'escalade significative des tensions entre les États-Unis et l'Iran survenue cette nuit", qui "ravive les inquiétudes sur les approvisionnements énergétiques" résume Jim Reid, économiste pour la Deutsche Bank.
L'armée américaine a touché plus de 80 cibles en Iran lors de frappes lancées en riposte aux tirs iraniens contre trois navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, a annoncé mercredi le commandement américain pour le Moyen-Orient.
L'Iran a de son côté revendiqué des frappes contre le Bahreïn, pays du Golfe qui abrite une base américaine, en représailles à ces attaques, que Téhéran présente comme une violation du protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre.
Ces échanges de frappes fragilisent le protocole d'accord, et le déblocage du stratégique détroit d'Ormuz, signé le 17 juin dernier pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Dans le sillage de ce regain de tensions, les prix du pétrole grimpent à nouveau.
Vers 9H40, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, gagnait 2,58% à 76,07 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) nord-américain grimpait de 2,57% à 72,25 dollars.
- Les taux grimpent -
La hausse du brut ravive les craintes d'inflation chez les investisseurs, qui pourraient "revoir à la hausse leurs anticipations sur un resserrement monétaire des banques centrales" des grandes économies, selon Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.
Le taux d'emprunt à échéance dix ans français grimpait vers 9H40 à 3,85%, contre 3,79% la veille en clôture. Son équivalent allemand, référence en Europe, repassait au dessus du seuil symbolique des 3%, à 3,03%, contre 2,99% mardi soir.
Dans ce contexte, les acteurs du marché scruteront avec attention la publication des "minutes" de la Réserve fédérale américaine (Fed), le compte-rendu de sa dernière réunion, la première présidée par Kevin Warsh.
L'institution monétaire a pour le moment décidé de maintenir ses taux, même si les dernières prises de parole de son nouveau patron ont été perçues comme plus ferme que prévu, face au regain d'inflation aux Etats-Unis.
- Kering et L'Oréal signent pour cinquante ans -
Le groupe de luxe Kering (-1,01% à 249,50 euros) a annoncé mardi soir un accord entre sa marque italienne Gucci et le groupe L'Oréal (-0,17% à 387,70 euros) pour une licence beauté de 50 ans après que la licence avec l'américain Coty a été résiliée par anticipation.
La licence entre Gucci et Coty, qui recevra environ 400 millions de dollars en contrepartie, devait expirer en juin 2028, selon Kering. La nouvelle licence avec L'Oréal devrait entrer en vigueur mi-2027.
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