(Titre et texte mis à jour après les événements du week-end)

FRANCFORT (dpa-AFX) - L'annonce samedi de nouveaux droits de douane américains contre l'Allemagne et d'autres pays européens pourrait, du moins temporairement, freiner l'enthousiasme actuel des investisseurs. L'indication calculée par IG Markets pour le Dax est tombée dimanche soir sous le seuil psychologiquement important des 25 000 points. Quelques jours auparavant, le Dax avait atteint un sommet historique à 25 508 points. La veille des menaces de droits de douane, les experts s'étaient montrés encore prudemment optimistes quant aux perspectives du marché allemand des actions.

Le contexte est lié au différend sur le Groenland. Donald Trump, réélu président des États-Unis, souhaite annexer l'île arctique, qui appartient au Danemark, aux États-Unis et a annoncé des droits de douane supplémentaires contre l'Allemagne, le Danemark, la Finlande, la France, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni afin de faire avancer son projet. Selon Trump, sur sa plateforme Truth Social, ces droits de douane américains resteront en vigueur jusqu'à la conclusion d'un accord sur l'achat total de l'île arctique. À partir du 1er février, une taxe de 10 % sera appliquée sur les marchandises envoyées aux États-Unis, puis de 25 % à compter du 1er juin.

Dès le début de la semaine, la participation des investisseurs étrangers devrait être nettement moindre lundi. En raison du "Martin Luther King Day", les marchés américains seront fermés. Face à d'éventuels titres d'actualité susceptibles d'influencer les marchés pendant ce week-end prolongé, les analystes d'Index Radar anticipaient vendredi un certain risque : "Les marchés apprécient les pauses, mais rarement les surprises."

Jusqu'à présent, les risques géopolitiques n'ont joué qu'un rôle secondaire en Bourse. "Les discussions sur une possible annexion du Groenland par les États-Unis et la menace d'une intervention américaine en Iran sont jusqu'ici largement ignorées", notait vendredi l'analyste Frank Sohlleder du courtier Activtrades. Toutefois, la question se pose de savoir si des escalades politiques ou même militaires graves sont déjà prises en compte dans les cours, ce qui pourrait entraîner un réveil brutal.

Selon l'expert Uwe Streich de la Landesbank Baden-Württemberg, la valorisation désormais élevée ne suffit manifestement pas à freiner la hausse des cours. Il voit cependant une série d'autres risques : "Le président américain Donald Trump travaille à un nouvel ordre mondial, la dynamique autour de l'intelligence artificielle montre ses premières fissures, et la Réserve fédérale américaine (Fed) risque de perdre son indépendance." Après trois années solides sur le Dax, les investisseurs se sentent en sécurité et sous-estiment les dangers.

Pour l'heure, l'attention des investisseurs devrait se détourner du monde de l'entreprise, habituellement au centre de l'attention durant la saison des résultats, pour se tourner vers la sphère politique. Un sommet extraordinaire de l'UE est envisagé, peut-être en visioconférence. Le Forum économique mondial de Davos pourrait également offrir une occasion de discussions de crise : le président américain Donald Trump et le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) y sont attendus mercredi.

Aux États-Unis, la semaine sera marquée notamment par les résultats trimestriels du géant du streaming Netflix, du conglomérat 3M et de la compagnie aérienne United Airlines. En Allemagne, peu de publications d'entreprises sont à prévoir.

Côté conjoncture, les indices des directeurs d'achat publiés vendredi retiendront une attention particulière. "L'activité des entreprises, tant en Allemagne qu'en Europe, n'a pas encore véritablement redémarré", commente Robert Greil, stratège en chef de la banque privée Merck Finck. Certes, grâce notamment à la baisse des taux d'intérêt, l'économie pourrait connaître en 2026 une meilleure année que la précédente, mais l'optimisme reste encore lointain.

Outre la publication de nouveaux chiffres sur les prix à la production en Allemagne, les anticipations économiques du ZEW mardi joueront également un rôle. Sur la base de signaux encourageants venus de l'industrie au quatrième trimestre, l'économie allemande pourrait avoir entamé la nouvelle année sur une note dynamique, estime Simon Azarbayjani de la Landesbank Hessen-Thüringen (Helaba). L'enquête ZEW devrait donc refléter un regain de confiance conjoncturelle./niw/la/nas/he

--- Par Nicklas Wolf, dpa-AFX ---Ž