Bruxelles (awp/afp) - La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé mardi de nouvelles mesures visant le pétrole russe et pour la première fois des sanctions dans le domaine de la pêche, ainsi que d'allonger la liste des entreprises chinoises interdites de commerce avec l'UE.

L'UE propose aussi "pour la première fois", dans le cadre d'un nouveau "paquet" de sanctions contre Moscou, d'interdire l'entrée dans l'Union européenne à toute personne ayant servi dans les forces armées russes depuis le début de la guerre" en Ukraine en 2022, a-t-elle déclaré devant la presse à Bruxelles.

Plusieurs Etats membres de l'UE parmi lesquels les pays baltes plaidaient depuis des mois pour une telle interdiction de visas pour les soldats russes, jugeant inadmissible qu'ils puissent faire du tourisme en Europe après avoir combattu en Ukraine.

Ces mesures font partie du 21e "paquet" de sanctions depuis l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022.

Dans ce cadre, l'UE veut suspendre le mécanisme d'ajustement associé au plafonnement du prix du pétrole brut exporté par la Russie, de façon à réduire les revenus de Moscou tirés de ces exportations qui financent l'essentiel de sa guerre contre l'Ukraine.

Ce plafonnement, décidé par les pays du G7, s'impose à tous les intermédiaires voulant exporter du pétrole brut. Il est révisé tous les six mois, et en janvier dernier, il avait été décidé que ce prix plafond serait inférieur de 15% à celui du marché. Le plafonnement avait alors été fixé à 44,10 dollars le baril, compte tenu des conditions de marché au début de l'année.

Et pour rester à ce niveau de prix, "nous proposons donc de simplement suspendre cet ajustement jusqu'en janvier de l'année prochaine", le temps, espère la Commission, que le marché pétrolier "se stabilise", a expliqué Mme von der Leyen.

Car sinon, le prix serait aujourd'hui de plus de 70 dollars en appliquant l'ajustement des 15%, avec un baril de brut Oural, qui sert de référence pour ce mécanisme, évoluant actuellement aux alentours des 90 dollars.

Ce nouvel ensemble de sanctions contre la Russie cible aussi, et pour la première fois, le secteur de la pêche.

En ce qui concerne la lutte contre le contournement des sanctions par certains pays, la Commission propose d'ajouter 14 entreprises chinoises à la liste de celles interdites de commercer avec les pays de l'UE.

Lundi, la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a estimé à quelque 1.500 milliards d'euros le coût des sanctions européennes pour la Russie.

afp/rp