Commençons cet article avec deux rappels, pour être sûrs que vous êtes au bon endroit.
Le premier, sur les supports concernés : cet article concerne les placements détenus en direct sur un compte-titres ordinaire (CTO) français. Les revenus issus d’un PEA, d’une assurance-vie, d’un PEE, d’un PER ou d’un PEAC bénéficient d’une fiscalité spécifique, plus avantageuse, et ne sont pas couverts ici. Par ailleurs, pour les comptes-titres ouverts auprès de courtiers étrangers, voir notre article dédié.
Le second, sur les revenus concernés : il s’agit des revenus du capital, ce qui recouvre les plus-values de cession mobilières réalisées en 2025 (c’est-à-dire quand vous avez vendu des actions plus chères que vous ne les aviez achetées) et les dividendes perçus en 2025, qu’ils soient versés par une société française ou étrangère. Si vous avez réalisé des gains sur cryptos, c'est ici que vous devez regarder.
Maintenant qu’on est d’accord sur les revenus concernés, voyons comment ils sont imposés.
Le PFU à 31,4 %, le régime par défaut
Vous commencez à le savoir, les revenus du capital sont imposés par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé flat tax, et ce depuis 2018.
Pour la déclaration 2026, le PFU se compose de :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu (taux inchangé)
- 18,6 % de prélèvements sociaux (au lieu de 17,2 % auparavant)
Soit un taux global de 31,4 %, en hausse de 1,4 point par rapport à l’année dernière.
Attention à la mauvaise surprise : cette évolution s’applique de manière rétroactive aux plus-values réalisées en 2025.
Pour les dividendes versés en 2025, en revanche, l’acompte de 30 % prélevé à la source au moment du versement reste acquis : la régularisation s’effectue dans la déclaration, mais sans correction rétroactive du taux de prélèvements sociaux.

L’option pour le barème progressif
Vous pouvez renoncer au PFU et intégrer vos revenus du capital à votre revenu global. Ils sont alors imposés au barème progressif, comme un salaire.
Deux subtilités à maîtriser. Premièrement, l’option s’exerce chaque année, en cochant la case 2OP de la déclaration. Ensuite (et surtout), elle est globale : elle concerne l’ensemble de vos revenus du capital. Vous ne pouvez donc pas choisir d’appliquer le barème à vos dividendes et le PFU à vos plus-values.
Outre le cas évident où votre taux marginal d’imposition est faible (nous y reviendrons juste après), l’intérêt de l’option pour le barème est qu’elle ouvre droit à plusieurs avantages dont la flat tax ne bénéficie pas :
- abattement de 40 % sur les dividendes éligibles (ils le sont presque tous)
- abattement pour durée de détention sur les plus-values, réservé aux actions acquises avant le 1ᵉʳ janvier 2018 : 50 % entre 2 et 8 ans, 65 % au-delà
- déductibilité d’une fraction de la CSG, à hauteur de 6,8 points
- déductibilité de certaines dépenses (essentiellement les frais de garde des titres)

Dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur l’intégralité des revenus, quelle que soit l’option retenue.
Comment choisir entre les deux régimes

Le critère principal est votre taux marginal d’imposition (TMI) et la hausse du PFU intervenue en 2026 ne change rien puisque seuls les prélèvements sociaux ont augmenté. Si vous êtes dans les deux premières tranches (0 % ou 11 %), le barème progressif est généralement plus avantageux. À partir d’un TMI de 30 %, la flat tax reprend l’avantage, sauf cas particuliers liés aux abattements.
Pour les dividendes, l’abattement de 40 % ne change pas fondamentalement l’arbitrage : la flat tax reste plus intéressante dès que votre TMI atteint 30 %. Pour les plus-values, l’abattement pour durée de détention (réservé aux titres acquis avant 2018) ne modifie le seuil d’attractivité du barème qu’au-delà de 8 ans de détention, moment où l’abattement passe de 50 à 65 %.

Trois effets de bord à anticiper si vous optez pour le barème :
- En intégrant vos revenus du capital à votre revenu global, vous risquez de basculer dans la tranche supérieure et d’augmenter mécaniquement votre TMI.
- Vous augmentez votre revenu fiscal de référence (RFR), qui sert de base à de nombreux dispositifs : aides sociales, tarification des services publics (crèche, cantine), CEHR, dispense d’acompte sur les dividendes, exonération de taxe d’habitation sur les résidences secondaires, etc. À surveiller au-delà du seul revenu net imposable.
- Votre taux de prélèvement à la source pour l'année suivante est impacté et il l’est d'autant plus si vos revenus du capital sont importants par rapport à vos revenus salariaux. Rien de catastrophique et ça ne doit pas guider votre arbitrage entre flat tax et barème. Par contre, si vos revenus du capital sont importants par rapport à vos revenus salariaux, ça peut valoir le coup de demander un ajustement de votre taux PAS via la procédure de modulation pour éviter les désagréments.
Maintenant que vous avez compris comment vos revenus du capital vont être imposés, voyons concrètement comment les déclarer.
Déclarer vos plus-values
À l’étape 3 de votre déclaration en ligne, sélectionnez « Plus-values et gains divers ». Les montants sont normalement pré-remplis à partir de l’imprimé fiscal unique (IFU) transmis par votre intermédiaire français. Vérifiez-les systématiquement.
Le processus à suivre, dans l’ordre :
- Compensation entre plus-values et moins-values de l’année. Si vous avez réalisé à la fois des gains et des pertes en 2025, vous devez les compenser pour obtenir un solde net. Cette compensation est obligatoire — vous ne pouvez pas conserver vos moins-values pour une année ultérieure.
- Si le solde est négatif : déclaration en case 3VH. La moins-value est alors reportable sur les 10 années suivantes.
- Si le solde est positif : vous passez à l’imputation des moins-values antérieures via le formulaire annexe 2074-CMV, qui suit votre stock de moins-values reportées.
- Abattement pour durée de détention : uniquement si vous optez pour le barème progressif et uniquement pour les actions acquises avant 2018.
Déclarer vos dividendes
Avant de s’intéresser à la déclaration elle-même, il faut bien comprendre le mode d’imposition des dividendes. Celui-ci est en effet un peu particulier car il se fait en deux temps :

- Au moment de la perception. L’établissement payeur prélève directement un acompte de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux en 2025, 18,6% à partir du 1er janvier 2026). Attention, ça ressemble au PFU mais en réalité c’est un prélèvement forfaitaire non libératoire (PFNL). En langage non fiscal, on parle d’acompte.
- L’année suivante, dans votre déclaration. Les dividendes sont soumis au PFU ou au barème, selon votre choix. Si vous restez sous le régime de la flat tax, votre acompte de 30% sera considéré comme libératoire. Dans le cas contraire, l’acompte prélevé constitue un crédit d’impôt, qui donnera lieu à remboursement s’il excède le montant final de l’impôt dû.
Ça, c’est le cas standard mais vous pouvez demander à être dispensé de la partie de l’acompte correspondant à l’impôt sur le revenu (soit 12,8 %) si votre revenu fiscal de référence (RFR) de l’année N–2 est inférieur à 50 000 € pour une personne seule, ou 75 000 € pour un couple. La demande, sur l’honneur, doit être adressée à votre établissement payeur avant le 30 novembre de l’année précédant la perception. La dispense n’est pas reconduite automatiquement et doit être renouvelée chaque année.
S’agissant de la déclaration elle-même, c’est à l’étape 3 de votre déclaration que ça se passe. Sélectionnez cette fois « Revenus de capitaux mobiliers » puis complétez (si déclaration papier) ou vérifiez (si déclaration en ligne) les lignes suivantes :

Trois leviers d’optimisation
Finissons cet article avec 3 astuces qui peuvent vous permettre de diminuer l’imposition due.
- L’ordre d’imputation des moins-values antérieures
Vous êtes libre de choisir sur quelles plus-values vous imputez vos moins-values reportées. Privilégiez l’ordre suivant, afin de préserver autant que possible les plus-values déjà amorties fiscalement par l’abattement.:
- les plus-values non éligibles à l’abattement
- celles éligibles mais qui n’en bénéficient pas
- celles à 50 % d’abattement
- et enfin sur celles à 65 %.
- La gestion de la durée de détention
Si vous détenez encore des actions acquises avant 2018, la date d’acquisition mérite attention. Vendre à 7 ans et 11 mois revient à passer à côté du bond d’abattement à 65 % qui s’enclenche à 8 ans. Quelques semaines de patience peuvent valoir plusieurs milliers d’euros selon le montant de la plus-value.
- Le nettoyage de portefeuille en fin d’année
Je vous en parle chaque année : faire un petit check-up de son portefeuille en fin d’année, c’est la base pour optimiser son imposition.
La plupart d’entre vous savent déjà que c’est le bon moment pour matérialiser ses moins-values mais il se trouve que c’est aussi parfois l’occasion idéale de concrétiser des plus-values sans payer d’impôt sur le revenu. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à consulter notre article de décembre dernier.
Retrouvez notre dossier complet consacré à la déclaration d’impôt 2026 :
- Déclaration 2026 : ce qui change pour vos revenus du capital
- Compte-titres à l’étranger et cryptomonnaies : les régimes particuliers à connaître
- Déclaration 2026 : toutes les dates à connaître, et que faire en cas d’erreur
- Regard d'expert - Impôts 2026 : les nouveautés fiscales à connaître pour les investisseurs






















