Plusieurs nations africaines, dont le Kenya, le Malawi, le Lesotho et le Zimbabwe, ont appelé les migrants présents en Afrique du Sud à la plus grande prudence et au confinement en raison d'attaques ciblant les étrangers. Parallèlement, le Ghana a sollicité l'intervention de l'Union africaine.

L'Afrique du Sud, première puissance économique du continent, est secouée par une vague de manifestations contre l'immigration clandestine, ponctuée d'actes de violence visant les ressortissants d'Afrique subsaharienne.

Les organisations de défense des droits des migrants dénoncent une politique du bouc émissaire menée par une partie de la population sud-africaine. Ces derniers imputent aux étrangers les maux économiques du pays, notamment un taux de chômage endémique supérieur à 30 %, qui frappe de manière disproportionnée la population noire.

Le Ghana a déclaré mercredi avoir organisé le rapatriement sécurisé d'un de ses citoyens, pris pour cible dans une vidéo devenue virale. Le Nigeria a également annoncé le rapatriement d'au moins 130 ressortissants suite au décès de deux de ses nationaux.

Bien que le communiqué ghanéen ne précise pas l'incident en question, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre un Ghanéen harcelé par une foule exigeant ses papiers avant d'en contester l'authenticité. 'Nous ne voulons pas de vous ici', lance une femme dans la séquence.

Le président mozambicain Daniel Chapo a rencontré son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa mardi pour appeler au calme, tandis que le gouvernement ghanéen a saisi l'Union africaine par courrier pour que l'organisation se saisisse du dossier.

Les autres pays concernés ont diffusé des avertissements similaires via des communiqués officiels adressés à leurs citoyens.

Les flambées de violence xénophobe sont récurrentes en Afrique du Sud. Le groupe d'autodéfense Operation Dudula a multiplié les campagnes contre les migrants en situation irrégulière, allant parfois jusqu'à leur interdire l'accès aux structures de santé publique.

Le gouvernement a condamné ces violences tout en se montrant compréhensif face à l'exaspération de ses concitoyens concernant l'immigration illégale.

'Les Sud-Africains sont dans leur droit lorsqu'ils manifestent contre le défi croissant de l'immigration clandestine, mais la violence associée à ces mouvements est inacceptable. Les forces de l'ordre doivent s'attaquer aux instigateurs de tels actes', a déclaré le cabinet ministériel dans un communiqué jeudi.

La population immigrée en Afrique du Sud a connu une croissance constante ces dernières décennies, passant de 2 % de la population totale en 1996 à 4 % en 2022, selon un rapport de l'agence nationale des statistiques Stats SA. La majorité de ces migrants est issue de la région de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).