La hausse du franc suisse, le coût des matières premières en nette augmentation, son ultra-dépendance aux marchés chinois et une campagne activiste qui remet en cause le contrôle de la famille Hayek sont autant d'épines dans son pied.
Cette année encore, les ventes en Asie - qui représentent près de la moitié du chiffre d'affaires - reculent de 15%. En Europe, qui représente un peu moins d'un tiers du chiffre d'affaires, elles stagnent ; tandis qu'en Amérique du Nord, elles ne progressent qu'insuffisamment pour enrayer le déclin du chiffre d'affaires consolidé.
Le Suisse reste pris entre deux feux. En horlogerie, le segment luxe, quoique à la peine dernièrement, est généralement en expansion ; mais le groupe, qui n'est ni Patek ni Rolex, n'en capte qu'une partie marginale. Sur les autres segments, la concurrence des smartwatches est chaque année plus redoutable.
Résulte de ce positionnement difficile un chiffre d'affaires qui stagne en vingt ans, ainsi qu'un profit d'exploitation en érosion continue depuis quinze ans. Divisé par huit entre 2023 et 2025, il prend un bouillon particulièrement brutal ces deux dernières années.
La situation interpelle d'autant plus que Swatch conserve depuis trois ans des inventaires supérieurs à leur moyenne historique. Les stocks sont au plus haut malgré le recul de l'activité, ce qui pèse largement sur la génération de trésorerie en 2023 et en 2024.
Swatch promet néanmoins de faire des étincelles en 2026 : en la matière, il est certain que le Suisse a intérêt à délivrer s'il ne veut pas s'attirer une sanction lapidaire du marché.
En attendant, sa capitalisation boursière équivaut peu ou prou à la valeur de son fonds de roulement net, c'est-à-dire sa trésorerie et ses stocks moins toutes ses dettes. Ceci signifie que le marché n'attribue aucune valeur aux immobilisations de Swatch, dont la plus importante est son portefeuille de marques.
Ceci pour un groupe qui, malgré ses difficultés et une impasse stratégique que d'aucuns jugeraient sans issue, n'a jamais réalisé le moindre exercice déficitaire en vingt ans.



















