NORDERNEY (dpa-AFX) - Quel avenir pour le développement des énergies renouvelables, des réseaux électriques et de la transition énergétique dans son ensemble ? Les ministres de l'Energie des Länder se réunissent à partir d'aujourd'hui avec le gouvernement fédéral sur l'ile de Norderney, en mer du Nord, pour en débattre.

L'hôte de la conférence et ministre de l'Energie de Basse-Saxe, Christian Meyer (Les Verts), attendait initialement la ministre fédérale de l'Economie, Katherina Reiche (CDU). Cette dernière est toutefois absente. Souffrante, elle sera représentée par un secrétaire d'Etat, a précisé une porte-parole du ministère fédéral de l'Economie.

Le besoin de concertation entre les Länder et le gouvernement fédéral est immense. M. Meyer redoute que les projets de réforme de Berlin ne freinent l'essor des renouvelables. 'Nous entendons parler d'une multitude de modifications législatives assorties de freins et de signaux d'arrêt, envisagés principalement par la ministre fédérale de l'Economie : un gel de l'extension du réseau dans de larges zones de Basse-Saxe, une réduction de la loi EEG et de nouvelles centrales à gaz fossile', a déclaré M. Meyer à l'agence de presse allemande dpa.

Le secteur est déstabilisé par les signaux émanant de Berlin. 'Nous souhaitons une feuille de route pour que ce que nous mettons en oeuvre dans les Länder, à savoir une accélération du déploiement des énergies renouvelables et du stockage, s'inscrive dans un cadre commun avec l'Etat fédéral', a souligné M. Meyer.

Conflit autour du 'paquet réseau'

Mme Reiche s'est récemment prononcée en faveur d'un changement de cap de la politique énergétique en raison de coûts élevés. Son projet de 'paquet réseau' cristallise les critiques. Celui-ci vise à coupler plus étroitement le développement des installations éoliennes et solaires à l'extension du réseau.

L'objectif est d'eviter les délestages coûteux dus à la saturation des réseaux électriques. Dans le cadre de la sortie du charbon, de nouvelles centrales à gaz doivent garantir l'approvisionnement lorsque la production éolienne et solaire est insuffisante. Selon le projet de loi, les exploitants de nouvelles installations d'électricité verte dans les zones de réseau saturées ne recevraient plus d'indemnisation en cas de coupure pour cause de surcharge imminente du réseau.

Selon l'analyse de M. Meyer, cela frapperait de larges parties de la Basse-Saxe, riche en éolien, et de la Bavière, forte en énergie solaire. Les investissements pourraient s'en trouver paralysés. 'L'Etat fédéral ne doit pas devenir ici un risque pour l'investissement', a averti le ministre.

La Fédération allemande des énergies renouvelables (BEE) réclame également un engagement clair de la conférence en faveur de la transition énergétique. La crise énergétique actuelle démontre que les énergies renouvelables renforcent la sécurité d'approvisionnement, a déclaré la présidente de la BEE, Ursula Heinen-Esser. Un signal fort est attendu 'contre les tentatives de freinage de la politique fédérale et pour des conditions d'investissement fiables'.

Résultats attendus vendredi

M. Meyer a affirmé que l'Allemagne devait plutôt accélérer l'extension des réseaux et des renouvelables, notamment pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Il a également évoqué le dernier rapport du Conseil d'experts sur les questions climatiques du gouvernement fédéral, selon lequel les efforts actuels sont insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques de 2040.

'L'enjeu de la conférence sera donc le suivant : assistons-nous à un retour en arrière, à un coup de frein à la transition énergétique, ou passons-nous à la vitesse supérieure ?', a résumé M. Meyer.

Près de 30 motions figurent à l'ordre du jour de la conférence des ministres de l'Energie. Les thèmes abordés incluent également la prévention des crises, les capacités de stockage et l'éolien offshore. Les résultats des délibérations seront présentés vendredi./len/kge/DP/zb