Le rendement du gilt à deux ans, particulièrement sensible aux anticipations de politique monétaire, a plongé jusqu'à 18 points de base pour atteindre 4,339%. Il s'affichait en baisse de 14 points de base à 15h13 GMT, s'orientant vers son plus fort repli quotidien en près d'un mois.
Les marchés financiers ont revu à la baisse leurs prévisions concernant le resserrement monétaire de la Banque d'Angleterre cette année, n'intégrant plus que 52 points de base de hausses de taux, soit l'équivalent de deux relèvements d'un quart de point, contre plus de 60 points de base en début de séance.
Le rendement du gilt à 10 ans a reculé de 15 points de base pour s'établir à 4,905%, son plus bas niveau depuis le 23 avril, avant de se stabiliser en baisse de 13 points de base.
Le rendement à 30 ans a lâché 16 points de base pour toucher un plancher de 5,582%, s'affichant en repli de 12 points de base peu avant la clôture. Ce mouvement tranche avec la séance de mardi, où les taux à 30 ans avaient atteint leur plus haut niveau depuis 1998.
Le décalage de mercredi a été plus prononcé que celui observé sur les Bunds allemands ou les Treasuries américains, effaçant la hausse excessive de la veille qui avait ravivé les craintes sur la vulnérabilité des finances publiques à l'approche des élections locales de jeudi.
Les coûts d'emprunt britanniques se sont envolés depuis le début du conflit entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran fin février, et ont continué de progresser faute d'accord concret sur la réouverture du détroit d'Ormuz.
Toutefois, les Etats-Unis et l'Iran approcheraient d'un accord pour une fin de conflit imminente, a déclaré mercredi à Reuters une source basée au Pakistan et proche des négociations. L'Iran a indiqué examiner une nouvelle proposition américaine.
Jordan Rochester, responsable de la stratégie obligataire chez Mizuho, doute cependant que ce rebond des cours obligataires perdure, soulignant que les précédentes tentatives de paix s'étaient révélées être de 'faux espoirs'.
'Le marché opère toujours selon l'hypothèse d'une fin de guerre prochaine. Mais si le statu quo persiste jusqu'en juin, nous soupçonnons la BoE de s'aligner sur la BCE avec une hausse de taux en juin', a-t-il précisé.
LES ELECTIONS LOCALES BRITANNIQUES SOUS PRESSION
Les opérateurs surveillent de près les élections locales de jeudi au Royaume-Uni, qui pourraient accentuer la pression sur le Premier ministre Keir Starmer et soulever des interrogations sur la future politique budgétaire du pays en cas de changement de leadership au sein du Parti travailliste au pouvoir.
'Un résultat désastreux pour le Labour pourrait déclencher une nouvelle vague de ventes sur la dette britannique, si les marchés anticipent une révolte interne et une éviction sans ménagement de Keir Starmer', explique Matthew Ryan, responsable de la stratégie de marché chez Ebury.
'Le risque majeur réside dans un basculement vers la gauche radicale sous une nouvelle direction, ce qui pourrait agiter le spectre de règles budgétaires plus souples, de hausses d'impôts supplémentaires et d'engagements de dépenses non financés que les 'justiciers de l'obligataire' refuseront de tolérer.'
Les analystes d'ING ont toutefois nuancé ces propos, affirmant ne pas percevoir de 'signes clairs' d'une défiance accrue des investisseurs envers les obligations britanniques en raison de l'instabilité politique potentielle.



















