Washington (awp/afp) - Le regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a fait grimper lundi les cours du pétrole, et provoqué un recul des indices boursiers, les investisseurs restant crispés à l'approche de la fin de la trêve entre Washington et Téhéran.

"Les rebondissements quotidiens dans le détroit (...) continuent de provoquer une forte volatilité" des cours de l'or noir, remarque Rob Thummel, de Tortoise Capital Management.

Alors que l'Iran avait annoncé vendredi rouvrir cette voie maritime centrale pour les exportations de pétrole et gaz du Golfe, le pays est revenu sur sa décision dès le lendemain.

Téhéran assure que ce choix a été guidé par le maintien du blocus américain sur les ports iraniens, dont Donald Trump a écarté toute levée avant un "accord" avec l'Iran.

Le baril de Brent de la mer du Nord a repris 5,64% à 95,48 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a gagné 6,87% à 89,61 dollars.

"Après un regain d'optimisme vendredi après-midi, le doute est revenu sur les marchés durant le week-end", résume à Francfort Andreas Lipkow de CMC Markets pour qui "la situation reste donc confuse et difficilement prévisible".

"Ce qui importe, ce n'est pas tant de savoir si le baril de pétrole coûte plus ou moins de 100 dollars américains, mais plutôt la tendance et la durée pendant laquelle le prix reste sur ce niveau élevé", ajoute-t-il, en référence à ce conflit qui dure depuis près de deux mois.

Pour Grégory Brew, d'Eurasia Groupe, "les blocages réciproques maintiendront le trafic pétrolier dans le détroit à un niveau très bas (et) les Etats-Unis ne sont pas en mesure de combler le vide" laissé par l'absence de ces millions de barils du Golfe.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,01%, l'indice Nasdaq a reculé de 0,26% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,24%.

En Europe, Paris a reculé (-1,12%) dans les mêmes proportions que Francfort (-1,15%) et Milan (-1,36%). A Zurich, le SMI a fini en recul de 1,06%.

Londres a limité ses pertes (-0,55%) grâce aux bonnes performances de British Petroleum (+2,94%) et Shell (+2,46%), comme à chaque séance marquée par la remontée des cours du pétrole (TotalEnergies, +1,83% à Paris).

"Les investisseurs se montrent probablement méfiants quant à l'hypothèse d'un accord imminent, simplement parce qu'on a entendu beaucoup de va-et-vient à ce sujet", explique à l'AFP Jack Ablin, de Cresset.

Une délégation américaine décollera "bientôt" pour le Pakistan en vue de discussions avec l'Iran, a dit à l'AFP une source proche du dossier.

Alors qu'approche la fin du cessez-le-feu entre les deux pays ennemis, Téhéran continue de laisser planer le doute sur sa participation à de nouveaux pourparlers.

- Impact mesuré sur le marché obligataire -

Malgré ces incertitudes géopolitiques, favorables depuis le début de la guerre au dollar, la devise américaine reculait de 0,20% face à l'euro vers 20H50 GMT, à 1,1788 dollar.

Indicateurs des risques d'inflation, certains taux d'emprunt des Etats remontaient.

Le rendement allemand à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait 2,98%, contre 2,95% vendredi en clôture. Son équivalent français terminait à 3,61% contre 3,58% le jour précédent.

En revanche, le dix ans américain se maintenait à 4,25%, comme en fin de semaine dernière.

- Commerzbank résiste -

Le patron de la banque italienne Unicredit a accentué lundi la pression sur sa rivale allemande Commerzbank, qui a aussitôt rejeté son approche "hostile", l'accusant de présenter de "façon trompeuse" son offre de rachat à 35 milliards d'euros.

Le titre Unicredit a perdu 3% lundi. Au contraire, Commerzbank a profité d'un rehaussement de sa recommandation par la banque Barclays, permettant à l'action de prendre 1,16%.

afp/rp