Les informations du New York Times confirment ce qu’avait laissé entendre Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche, mercredi : "l'un des sujets évoqués ces derniers jours concerne la réflexion autour d'une modification des tarifs douaniers sur les denrées alimentaires et autres produits. Je pense donc que d'autres changements sont à prévoir".
Dans une interview à Fox News lundi, Donald Trump avait déjà ouvert la porte à ce type de mesures : "sur le café, nous allons baisser certains tarifs". Rappelons au passage que les Etats-Unis importent 99% de leur café, selon la National Coffee Association, et que la majorité vient du Brésil. Un pays auquel Donald Trump a imposé 50% de droits de douane.
Donald Trump semble donc être prêt à mettre de l’eau dans son vin (ou dans son café en l’occurrence) sur les droits de douane. Hier, un responsable de l’administration a indiqué à des journalistes que les Etats-Unis prévoient de réduire certains droits de douane dans le cadre d’accords commerciaux avec quatre pays : Argentine, Équateur, Guatemala et Salvador. Des deals qui devraient permettre notamment une baisse des prix du café et des bananes.
Le logement et la santé en priorité
Au-delà des prix de l’alimentation, Donald Trump veut faire baisser le coût du logement et de la santé. Sur le premier sujet, une mesure est évoquée : la mise en place de prêts immobiliers sur 50 ans, présentés comme une solution pour rendre l'accession à la propriété plus abordable que les prêts classiques sur 30 ans. Mécaniquement, cela permet en effet de baisser les mensualités.
Mais les emprunteurs paieront in fine plus d’intérêts. Et cette idée ne fait pas l’unanimité dans le camp républicain : "Endetté à jamais, endetté à vie !", a ainsi réagi la représentante Marjorie Taylor Greene.
Comme le soulignent les analystes de TD Securities, cette mesure ne fonctionnerait que s’il y avait une augmentation simultanée de l’offre de logements. Sans cela, des prêts sur 50 ans risquent d’augmenter les prix (en stimulant la demande de prêts), et d’éloigner encore certains acheteurs de l’accès à la propriété. Le vrai problème des Etats-Unis est un problème d’offre : trop peu de logements sont construits chaque année, face à l’augmentation de la population.
Ensuite, Donald Trump veut s’attaquer aux coûts de la santé. Ces dernières semaines, plusieurs accords ont ainsi été signés avec des laboratoires pharmaceutiques, pour pouvoir faire baisser le prix de certains médicaments. Cela passera notamment par la vente directe sur le site, spécialement créé pour l’occasion, TrumpRx.
Néanmoins, la portée de ces mesures reste limitée et n’est pas de nature à compenser la fin des subventions de l’Affordable Care Act (ACA). Malgré le shutdown, les Républicains ont refusé la prolongation de ces mesures, voulue par les démocrates. Résultat, les primes d’assurance santé vont augmenter pour les 24 millions d’Américains à faibles revenus qui bénéficiaient de l’ACA.
Une majorité à conserver en 2026
On en revient au constat que l’on fait souvent avec Donald Trump : il identifie de vrais problèmes, mais sans forcément apporter de bonnes réponses ensuite. Il a raison de s’attaquer aux coûts de l’alimentation, de la santé, et du logement. Mais ni les droits de douane, ni la fin des subventions de l‘Affordable Care Act, ni le renvoi d’un million de personnes par an (qui pénalisera de nombreux secteurs, dont la construction) ne feront baisser les prix.
Tout l’enjeu désormais pour cette administration est de prendre des mesures qui soient visibles par les Américains, dans leurs achats du quotidien. Car si Donald Trump communique souvent sur une inflation en baisse par rapport au pic de 9% sous Joe Biden, les prix continuent à monter.
D’où l’idée d’un dividende de 2 000 dollars, issu des revenus des droits de douane, versé directement aux Américains.
Cette frénésie de mesures visant à doper le pouvoir d’achat des Américains intervient juste après une série de revers électoraux subis par les Républicains la semaine dernière.
Un retour de bâton pour Donald Trump, qui avait fait campagne en 2024 en dénonçant l’inflation de Biden, et un avertissement à un an des élections de mi-mandat.
Le président américain a en tout cas parfaitement conscience de l’importance de cet enjeu pour lui. "Nous allons continuer notre travail pour baisser le coût de la vie, restaurer la sécurité publique, faire croitre notre économie, et rendre l’Amérique à nouveau abordable" a-t-il déclaré mercredi soir dans le Bureau Ovale, lors de la signature du texte mettant fin au shutdown.
















