FRANCFORT (dpa-AFX) - Le rebond technique entamé la veille par le secteur européen de la défense s'est essoufflé ce jeudi. Les titres Rheinmetall, Hensoldt, Renk et TKMS ont tous cédé du terrain dans un contexte de marché globalement morose. Outre le discours du président américain Donald Trump, les analystes évoquent l'approche du long week-end de Pâques, incitant les investisseurs à réduire leur exposition au risque.
Alors que le Dax reculait de 1,4 % après trois séances consécutives de hausse, l'action Rheinmetall ne perdait finalement que 0,4 %, après avoir abandonné jusqu'à 3 % en cours de séance. Sur le MDax, Hensoldt, Renk et TKMS affichaient des replis plus marqués, s'échelonnant entre 0,9 % et 3,7 %.
Au sein du secteur, l'éventualité d'un retrait des États-Unis de l'Otan est devenue un sujet central, après les menaces proférées mercredi par Donald Trump face au manque de soutien qu'il déplore dans le conflit avec l'Iran. Les inquiétudes se sont toutefois légèrement apaisées durant la nuit. Lors de son discours sur l'état de l'Union, qui a de nouveau semé l'incertitude avec de nouvelles menaces contre l'Iran, l'Otan n'a pas été mentionnée. Par ailleurs, le président se heurte à une opposition transpartisane au Sénat américain.
Dans une déclaration commune, le démocrate Chris Coons et le républicain Mitch McConnell affirment que la sécurité des Américains dépend de la force de l'Otan. "Le Sénat continuera de soutenir l'Alliance, car elle garantit la paix et la protection de l'Amérique, de l'Europe et du monde", indique le communiqué. De toute manière, Trump ne pourrait décider seul d'un retrait, une telle mesure nécessitant une majorité des deux tiers au Sénat.
Christophe Menard, analyste chez Deutsche Bank, a ébauché un scénario dans lequel un retrait américain affaiblirait considérablement l'Alliance, poussant les États européens à accroître leurs dépenses et à réduire leur dépendance aux armements d'outre-Atlantique. Il a toutefois souligné qu'un tel projet n'obtiendrait probablement aucun aval au Congrès. "Les obstacles politiques à un retrait formel des États-Unis de l'Otan sont élevés", a renchéri son collègue Jim Reid, stratège de marché au sein de la même institution.
La veille, l'action Rheinmetall s'était envolée de près de 10 % dans sa tentative de redressement, tandis que le constructeur de sous-marins TKMS bondissait de plus de 14 %. Outre les enjeux liés à l'Otan, des notes d'analystes avaient soutenu les cours, sans pour autant que l'on puisse parler d'un retournement de tendance. Le titre Rheinmetall reste inscrit dans une dynamique baissière à court terme amorcée en janvier.
Jeudi, le cours de Rheinmetall n'a pas non plus profité des commentaires de Kepler Cheuvreux, qui a fait état d'une présentation encourageante du PDG du groupe. Armin Papperger y a mis en avant de nombreuses opportunités de croissance tout en détaillant les compétences nécessaires à leur mise en oeuvre, a rapporté l'analyste Michael Raab, y voyant une confirmation de la thèse d'investissement positive.
L'anticipation d'une hausse des budgets de défense porte Rheinmetall depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, mais cet élan s'est brisé en octobre après avoir atteint le seuil des 2 000 euros. En 2026, les titres se retrouvent dans la position inhabituelle de valeurs moyennes au sein du Dax. Actuellement, ils peinent à se maintenir en territoire positif sur l'ensemble de l'année./tih/err/jha/



















