Sur le troisième trimestre fiscal, le chiffre d’affaires atteint 1,43 milliard USD, en hausse de 11% en données publiées et de 8% à change constant. Le consensus attendait 1,42 milliard USD. Le bénéfice ajusté ressort à 2,86 USD par action, contre 2,37 USD un an plus tôt et 2,80 USD attendu. Le bénéfice net s’établit à 399 millions USD, tandis que le résultat par action dilué GAAP atteint 2,74 USD. Sur neuf mois, les revenus progressent à 4,19 milliards USD et le bénéfice net à 1,14 milliard USD. La qualité du trimestre tient surtout à l’expansion de la marge brute non-GAAP, portée à 62,8%, soit 290 points de base de mieux qu’un an plus tôt et 50 points de base de mieux qu’au trimestre précédent.

Graphique ResMed, Inc.

La dynamique opérationnelle reste bien répartie. Hors logiciels Residential Care Software, les revenus progressent de 9% aux États-Unis, au Canada et en Amérique latine, et de 7% à change constant en Europe, Asie et autres marchés. Les appareils croissent de 6% au niveau mondial à change constant, tandis que les masques et accessoires avancent de 12%, avec une performance particulièrement robuste aux Amériques. ResMed met en avant l’adoption des masques à base de tissu, notamment AirTouch N30i et les déclinaisons F30i, dont les premiers retours suggèrent une meilleure observance. C’est un point central : dans ce marché, le confort n’est pas un simple argument marketing, mais un facteur économique, car l’adhérence du patient conditionne la récurrence des revenus. 

Le principal message implicite concerne les GLP-1. Là où certains craignent que les traitements de perte de poids réduisent le besoin de thérapie par pression positive, ResMed défend la thèse inverse. Selon ses analyses internes, les patients combinant PAP et GLP-1 initieraient davantage la thérapie et présenteraient de meilleurs taux de réassort à deux et trois ans. L’argument est crédible dans la mesure où l’apnée du sommeil ne dépend pas seulement du poids, mais aussi de l’âge, du sexe et de l’anatomie craniofaciale. Il reste néanmoins à surveiller : si les GLP-1 élargissent l’entonnoir de diagnostic, ResMed doit encore convertir cette demande additionnelle en équipements effectivement installés et utilisés.

Source : ResMed

Le trimestre montre aussi une discipline financière réelle. Le flux de trésorerie opérationnel atteint 554 millions USD, les rachats d’actions 175 millions USD et les dividendes 87 millions USD. Le dividende trimestriel est fixé à 0,60 USD par action, payable le 18 juin. Le bilan demeure confortable, avec 1,7 milliard USD de trésorerie et 996 millions USD de trésorerie nette. Le rachat prévu de Noctrix Health pour 340 millions USD ouvre une extension adjacente dans le syndrome des jambes sans repos, avec un revenu annualisé d’environ 24 millions USD, une croissance supérieure à celle de ResMed et une légère dilution attendue de 0,02 USD par action au quatrième trimestre. 

Le point plus fragile reste le logiciel Residential Care Software, limité à 4% de croissance à change constant, malgré la bonne tenue de MEDIFOX DAN. Le management promet un retour vers une croissance élevée à un chiffre et une progression à deux chiffres du résultat opérationnel en 2027, mais cette partie du portefeuille demande encore des preuves.

La publication est de bonne facture : croissance organique solide, amélioration de la marge, génération de cash élevée et message rassurant sur les GLP-1. La faiblesse du titre reflète davantage une prime d’incertitude qu’une dégradation fondamentale.

Pour ResMed, l'enjeu est désormais moins de prouver que la demande existe que de démontrer que l'entreprise peut continuer à capter cette demande avec le même levier opérationnel.