La saison des résultats s’accélère. Alors que nous entrons dans les deux semaines les plus chargées de cet agenda, nous pouvons déjà tirer quelques enseignements des premières publications.
Une surprise sans surprise
A ce stade, 34% des entreprises du S&P500 ont publié leurs résultats. Comme de nombreux stratégistes s’y attendaient, ceux-ci sont meilleurs que les attentes. En effet, les révisions à la baisse des bénéfices tout au long du deuxième trimestre ont permis de fixer "une barre très basse à battre" pour reprendre les mots de Max Kettner d’HSBC.
Selon les chiffres de Factset, la progression des bénéfices au deuxième trimestre est de 6.4% contre 4.9% à l’entame de cette saison. Un chiffre qui devrait encore grimper dans les prochaines semaines.
Des résultats meilleurs qu’attendus, ce n’est pas non plus une immense surprise, c’est même un peu toujours le cas ; les entreprises poussent les analystes à revoir à la baisse leurs projections…pour mieux surprendre le jour de la publication.
Malgré tout, c’est une bonne nouvelle de voir des résultats qui tiennent en dépit des inquiétudes, voire des prévisions alarmistes du printemps.
Avenir incertain
Comme toujours, ce qui intéresse les marchés, ce n’est pas tellement le trimestre écoulé mais davantage ceux à venir. Et c’est souvent cet élément qui explique que certaines publications soient sanctionnées ; le management révise à la baisse les objectifs ou n’est pas en mesure d’en donner compte tenu de l’incertitude.
Tout ceci est d’autant plus difficile que les droits de douane ont poussé à la constitution de stocks avant leur entrée en vigueur. La conséquence, c’est que les résultats du premier semestre sont sans doute, pour certaines entreprises, dopées par ces achats d’anticipation. Mécaniquement, il peut donc y avoir un contre-coup sur les trimestres suivants et donc des chiffres qui décevront.
Tout ce que nous décrivons ici était visible la semaine dernière chez Texas Instruments. Le fabricant de semi-conducteurs a publié des chiffres au-dessus des attentes au T2 mais les prévisions pour le trimestre en cours sont inférieures aux anticipations des analystes.
Interrogé lors de la conférence téléphonique sur la possibilité que les droits de douane incitent les clients à avancer leurs commandes et gonflent ainsi le chiffre d'affaires, le PDG, Haviv Ilan, a admis qu'il "ne pouvait pas exclure cette éventualité". "Quand on observe un comportement aussi marqué au deuxième trimestre par rapport au premier, il faut en attribuer une partie à l'environnement tarifaire", a-t-il ajouté.
Il faudra donc attendre les résultats du troisième et du quatrième trimestre pour pleinement mesurer l’ampleur des achats d’anticipation.
La bonne nouvelle, c’est que des accords commerciaux sont enfin conclus, ce qui devrait aider les entreprises à retrouver de la visibilité.



















