Les États membres de l'Union européenne (UE) se sont accordés vendredi pour maintenir le seuil actuel de trois heures de retard ouvrant droit à une indemnisation dans le cadre de la future réglementation sur les droits des passagers aériens. Ils préconisent également une plus grande transparence tarifaire concernant les frais de bagages cabine, a indiqué un diplomate européen de haut rang à la presse.

Les 27 États membres vont désormais transmettre leur proposition au Parlement européen, qui l'examinera à partir de lundi, a précisé ce diplomate.

Le Parlement européen et les États membres étaient jusqu'alors en désaccord sur un ensemble de mesures initialement proposé par la Commission européenne, l'organe exécutif de l'UE, il y a plus de dix ans.

La Commission avait suggéré de porter le seuil d'indemnisation à quatre heures, tandis que les États membres avaient tenté de plafonner le montant des indemnités à 500 euros.

Selon la réglementation en vigueur depuis 2004, les passagers dont le vol accuse un retard de plus de trois heures peuvent réclamer une indemnisation allant de 250 à 600 euros, en fonction de la distance du vol.

Les États membres ont finalement choisi de conserver le statu quo sur la question litigieuse de l'indemnisation des retards. Ce dossier opposait les compagnies aériennes, qui réclamaient davantage de flexibilité pour préserver leur compétitivité, aux associations de protection des consommateurs.

Sur l'autre point de friction — les frais facturés par certaines compagnies pour les bagages à main — les États membres proposent de contraindre les transporteurs à inclure ces frais dans le prix de base du billet, tout en conservant la possibilité d'offrir des réductions aux clients qui y renoncent. Cette mesure vise à améliorer la transparence des prix et la comparabilité des offres.

Ces frais ont été largement critiqués par les associations de défense des consommateurs à travers l'UE et ont déclenché une bataille politique en 2024, lorsque le ministère espagnol de la Consommation a infligé une amende de 179 millions d'euros à plusieurs compagnies à bas coûts pour cette pratique. Les compagnies concernées ont fait appel de cette décision.

Les pays membres ont également laissé inchangées les règles permettant à un adulte accompagnateur de s'asseoir près d'un enfant sans frais supplémentaires, ainsi que celles obligeant les compagnies à fournir davantage de services en cas de correspondance manquée.

Enfin, ils se sont opposés à ce que les compagnies imposent aux passagers le téléchargement d'une application mobile pour obtenir une carte d'embarquement, une pratique introduite par Ryanair en novembre.

(1 dollar = 0,8640 euro)