Rheinmetall, premier groupe de défense allemand, multiplie les partenariats et entend désormais produire avec ERC un drone électrique capable de transporter jusqu'à 250 kilogrammes de fret. La production, basée en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, devrait générer plusieurs centaines d'emplois d'ici 2029, ont précisé les entreprises et la région lors de la signature du protocole d'accord. Selon Armin Papperger, président de Rheinmetall, cette initiative pose la 'pierre angulaire de l'industrialisation d'un système de vol non habité d'avenir en Allemagne'. La vice-ministre-présidente et ministre de l'Economie du Land, Mona Neubaur, a salué une 'contribution décisive à la résilience du pays'.
ERC développe des appareils électriques à décollage vertical (VTOL), capables de voler comme des avions. Cette filiale du groupe technologique bavarois IABG a fait voler en février un appareil électrique de 2,7 tonnes doté d'une envergure de 16 mètres. Ce modèle, destiné au transport de passagers, doit être mis en service par le secours aérien DRF à partir de 2031. Une version non habitée plus petite, baptisée 'Victor', devrait être prête pour une production en série dès 2028 en collaboration avec Rheinmetall. Pour Maximilian Oligschläger, co-dirigeant d'ERC, ce projet comble une lacune capacitaire militaire : s'il existe déjà de nombreux drones pour des charges allant jusqu'à 20 kg et des hélicoptères traditionnels pour le fret supérieur à 500 kg, le segment des appareils autonomes à décollage vertical pour charges intermédiaires restait inoccupé.
LUTTE ANTI-DRONES SUR CLASSE G
Le système de lutte anti-drones de Tytan pourrait à l'avenir être installé sur des véhicules Mercedes-Benz, notamment le tout-terrain Classe G, très répandu au sein de la Bundeswehr, et l'utilitaire Sprinter. 'La menace est réelle, nous constatons chaque jour des survols d'infrastructures critiques allemandes et européennes', a déclaré Balazs Nagy, patron de Tytan. L'expertise industrielle du constructeur automobile doit permettre de créer la plateforme 'Drone Defender'. Selon des sources citées par le 'Financial Times', Tytan ambitionne de lancer la production du 'Defender' d'ici la fin de l'année.
Parallèlement, Heidelberger Druck poursuit la diversification de ses activités pour compenser la faible croissance de son coeur de métier. La défense deviendra un nouveau pilier du groupe, aux côtés des solutions de recharge pour l'e-mobilité, a expliqué l'entreprise de Wiesloch. La coentreprise Onberg, fondée par Heideldruck et la société technologique américano-israélienne Ondas, commercialisera des systèmes de défense anti-drones avant de les produire en série dans le Brandebourg. Au salon ILA, Onberg doit annoncer une lettre d'intention pour une collaboration potentielle avec une société ukrainienne. Le constructeur de machines, qui réalise plus de deux milliards d'euros de chiffre d'affaires, espère tirer 300 millions d'euros de revenus annuels du secteur de la défense dans les prochaines années, selon son PDG Jürgen Otto.
Le groupe technologique Bosch souhaite également fournir des technologies de défense, bien qu'il ne s'agisse ni d'armes ni de munitions. 'C'est un devoir que nous devons assumer', a confié Stefan Hartung, patron de Bosch, à l'agence Reuters. Il juge toutefois le potentiel de revenus limité : 'Je ne vois pas pour l'instant ce secteur sécuriser massivement notre création de valeur.'
(Reportage de Jörn Poltz, Ilona Wissenbach, Maria Rügamer, Rachel More et Anneli Palmen, édité par Ralf Banser. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à berlin.newsroom@thomsonreuters.com (politique et conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (entreprises et marchés).)


















