Rheinmetall sous-performe, inquiétudes autour du "char du futur" franco-allemand
L'action Rheinmetall fait moins bien que le marché ce lundi matin à la Bourse de Francfort, alors que le projet de "char du futur" imaginé par la France et l'Allemagne aurait à son tour du plomb dans l'aile, quelques jours après l'abandon du système de combat aérien qui était jusqu'ici envisagé par Paris et Berlin.
Après l'échec acté du programme d'avion de combat franco-allemand FCAS, ce sont maintenant les inquiétudes qui grandissent autour du prochain grand programme industriel de défense voulu entre les deux pays : le système principal de combat terrestre baptisé MGCS pour "Main Ground Combat System".
Dans un entretien accordé hier au Welt am Sonntag, Armin Papperger, le président du directoire du groupe de défense basé à Düsseldorf estime qu'un retrait de la France du projet ne peut désormais être exclu, alors que Paris chercherait actuellement à réaliser d'importantes réductions budgétaires.
"Un risque existe toujours, même si rien n'est encore décidé ", déclare le dirigeant d'entreprise dans les colonnes du journal dominical.
Armin Papperger explique que dès que la fin du programme FCAS a été actée, la direction de Rheinmetall a immédiatement envisagé un scénario similaire pour le projet MGCS.
Les deux grands projets de défense européens, FCAS et MGCS, avaient été lancés il y a presque 10 ans à l'initiative du président français Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel.
Alors que le programme FCAS devait aboutir à un avion de combat de sixième génération, destiné à remplacer l'Eurofighter et le Rafale, le MGCS visait, lui, à développer un char de nouvelle génération appelé à succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc français.
L'Europe de la défense face au mur des intérêts nationaux
Selon Armin Papperger, la France envisagerait actuellement de réduire de moitié son financement du programme, une décision susceptible d'entraîner non seulement une réduction des capacités prévues mais aussi de nouveaux retards dans le calendrier.
A ce jour, seulement 25 millions d'euros auraient été versés aux quatre entreprises participantes, indique le patron de Rheinmetall.
En cas d'échec du MGCS, l'Allemagne pourrait préserver sa position de premier plan dans la construction de chars en développant avec KNDS une solution intermédiaire, un Leopard 3 dont les premiers exemplaires pourraient entrer en service au début des années 2030, là où le nouveau MGCS ne devrait pas être opérationnel avant 2045.
Plus généralement, le dirigeant de Rheinmetall déplore que la consolidation des groupes européens de défense reste confrontée à d'importants obstacles, tiraillée entre désaccords politiques et rivalités industrielles.
"On continue à raisonner de manière très nationale, pour protéger ses propres intérêts", a-t-il déclaré.
A 10h00, l'action Rheinmetall avançait de 0,2%, alors que l'indice DAX 40 rebondissait de 1,6% dans la foulée de l'accord de principe trouvé par les Etats-Unis et l'Iran en vue de mettre fin au conflit au Moyen-Orient. Le titre perd autour de 22,5% depuis le début de l'année.
Rheinmetall AG est spécialisé dans la conception, la fabrication et la commercialisation d'équipements, de composants et de solutions pour les industries militaires et civiles. Le CA (avant éliminations intragroupe et hors activités cédées) par famille de produits se répartit comme suit :
- systèmes de véhicules (49%) : véhicules polyvalents sur roues et sur chenilles (véhicules militaires tactiques, véhicules de soutien, véhicules logistiques et véhicules spéciaux) ;
- systèmes d'armes et de munitions (32%) : canons automatiques pour les véhicules terrestres, aériens et maritimes, armes à canon lisse, systèmes d'artillerie, projectiles intelligents, lasers à haute énergie, etc. ;
- solutions électroniques (19%) : capteurs et systèmes de mise en réseau, solutions de protection dans le cyberespace, systèmes de défense aérienne, systèmes de radar, solutions de documentation technique, systèmes électroniques intégrés, drones et robots terrestres automatisés, solutions de formation et de simulation.
La répartition géographique du CA est la suivante : Allemagne (38%), Europe (42,9%), Amériques (7,9%), Asie et Proche-Orient (5,1%) et autres (6,1%).
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Investisseur
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Globale
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Qualité
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ESG MSCI
ESG MSCI
Le score ESG MSCI évalue la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise selon la méthodologie de MSCI. Il positionne l’entreprise par rapport à ses pairs sectoriels sur une échelle allant de CCC (très faible) à AAA (excellente). Ce score est utilisé par les investisseurs pour intégrer les critères extra-financiers dans leurs décisions.