Fondée il y a près de dix ans, Rising Stone est déjà présente dans les stations les plus iconiques des Alpes françaises - Méribel, Courchevel, Val d'Isère, Megève...
A en croire Jean-Thomas Olano, son fondateur, l'histoire de la société a commencé un peu par hasard, à l'occasion d'un séjour à Méribel, en poussant la porte d'une agence immobilière. "On m'a tendu une fiche en me disant qu'un terrain était disponible hors marché pour 9,8 millions d'euros. Je suis alors allé le voir et, sur le chemin du retour... ça m'a travaillé au ventre", se rappelle-t-il dans un sourire.
Trois semaines plus tard, les documents sont signés. Mais tout reste pourtant à faire : comprendre comment rénover le chalet existant, découvrir les impératifs de la construction en montagne, trouver des artisans... "J'ai rencontré plein d'acteurs du marché, mais pour le premier projet, nous nous sommes vraiment fait bananer et les délais n'ont pas été tenus... Depuis, je n'ai eu qu'une obsession : pouvoir intégrer les compétences de gestion de projet au fur et à mesure de nos moyens".
Intégrer les compétences clés
Le dirigeant en est alors convaincu : pour garantir qualité, délais et marges, il est nécessaire d'internaliser les compétences clés. Une organisation qui permet, de plus, d'intégrer la marge liée à ces prestations. Un élément loin d'être négligeable : "on parle quand même de 4 à 5 points supplémentaires", souligne Jean-Thomas Olano.
Résultat : là où les projets historiques affichaient des marges de 12 à 13%, les programmes actuels atteignent 18 à 19% avant même l'intégration des services. Une fois ces derniers pris en compte, la marge projet dépasse désormais les 20%, un niveau inhabituel dans la promotion immobilière.
Se présentant volontiers comme "maniaque du détail", la société s'attaque depuis sans sourciller au segment du luxe - avec, en point d'orgue, un passage remarqué dans la série immobilière à succès L'Agence, sur Netflix.
En près d'une décennie, la société a livré quelque 22 000 m² à ses clients. Sur le plan organisationnel, Rising Stone s'appuie sur une structure coeur, baptisée EXECO, qui concentre l'ensemble des savoir-faire : développement, ingénierie financière, pilotage des chantiers, architecture, sourcing des matériaux, commercialisation et services...
Chaque programme immobilier est ensuite porté par une société de projet dédiée, sans charges fixes, dont Rising Stone détient généralement entre 30% et 70% du capital, aux côtés de co-investisseurs. Ce choix assumé permet de limiter les besoins en fonds propres, de mutualiser le risque et d'accélérer le déploiement des projets.
Un portefeuille très visible
Rising Stone revendique aujourd'hui 15 programmes en cours, représentant environ 1 milliard d'euros de volume d'affaires et 46 000 m² en développement, soit plus du double de ce qui a déjà été livré depuis la création du groupe. À cela s'ajoutent trois contrats pour compte de tiers, dont la construction de deux hôtels 5 étoiles pour une grande maison de champagne à Val d'Isère et Méribel.
La direction anticipe une montée en puissance continue jusqu'en 2028, portée par l'avancement des chantiers. "Nous comptons aussi sur 5 à 7 nouveaux projets dans les 6 à 18 mois qui viendront compléter les 15 programmes", précise le dirigeant.
Un marché structurellement porteur
L'argumentaire repose aussi sur une lecture très macro du marché alpin. Sur les 1,4 à 1,5 million de lits touristiques que compte l'arc alpin français, seuls 450 000 se situent dans des stations dont le domaine skiable dépasse 1 700 mètres - seuil jugé critique face aux évolutions climatiques. Et à peine 240 000 à 250 000 lits correspondent à des résidences secondaires individuelles, chalets ou appartements confondus, assure la société.
En face, plus de 20 millions de personnes dans le monde disposeraient du pouvoir d'achat suffisant pour accéder à ce type d'actifs. Une équation offre-demande profondément déséquilibrée, qui explique la progression continue des prix - de 4 à 6% par an sur plus de quarante ans dans les Trois Vallées - et la résilience du segment, y compris dans les phases de ralentissement immobilier.
La rénovation, nouveau relais de croissance
Alors que les terrains vierges sont devenus impossibles à trouver en montagne, Rising Stone mise fortement sur la restructuration du parc existant. Un enjeu devenu central avec le durcissement des normes énergétiques : d'ici 2028, plus d'un tiers des résidences de montagne ne seront plus éligibles à la location, assure Jean-Thomas Olano, une proportion qui grimpera, selon lui, à plus de 70% à l'horizon 2034.
Le groupe développe des solutions techniques lourdes - géothermie, ventilation double flux, rénovation thermique en site occupé - permettant de requalifier des immeubles anciens sans perte significative de surface. Un marché immense, à forte valeur ajoutée, et moins contraint administrativement que le neuf, puisque souvent dispensé de permis de construire.
Les contours de l'introduction en Bourse
C'est pour financer l'acquisition de nouveaux fonciers et soutenir cette dynamique que Rising Stone a décidé de franchir le pas de la Bourse. L'opération prévoit une introduction sur Euronext Growth, à un prix compris entre 53,45 EUR et 58,30 EUR par action, valorisant l'entreprise entre 110 et 120 millions d'euros avant option de surallocation, et environ 140 millions d'euros en cas d'exercice de l'option.
L'offre porte principalement sur une augmentation de capital de 25 millions d'euros, complétée de 5,3 MEUR de cession d'actions existantes, soit un montant brut initial de 30,3 MEUR, qui pourra être porté à 39,1 MEUR.
Fait notable : près de 19 millions d'euros de souscriptions fermes étaient déjà sécurisés avant l'ouverture de l'offre, essentiellement auprès d'investisseurs institutionnels, tandis que l'ensemble des actionnaires historiques s'est engagé à conserver ses titres pendant plusieurs mois.
Un profil atypique pour les marchés
Avec une politique de distribution visant au minimum 40% du résultat net à partir de 2026, Rising Stone entend aussi séduire des investisseurs en quête de rendement récurrent, dans un secteur peu représenté en Bourse. Les analystes impliqués dans l'opération évoquent une valorisation implicite "sensiblement inférieure" aux comparables du luxe et de la promotion premium, laissant entrevoir un potentiel de revalorisation.
"Nous avons d'ailleurs une devise pour nos clients", rappelle Jean-Thomas Olano. "Entre plaisir et investissement, choisissez les deux".
En bref :
Libellé des actions : RISING STONE
Code ISIN : FR00140164Q1
Code mnémonique : ALRIS
Période de souscription : du 5 au 17 février 2026
Début des négociations des actions sur le marché Euronext Growth à Paris : 23 février
Date limite d'exercice de l'option de surallocation : 25 mars
Les points forts :
Aucun exercice déficitaire depuis la création
Un marché de la rénovation porteur
Une politique de redistribution généreuse
Des clients du luxe peu sensibles aux hausses de prix
Les points faibles :
Une société atypique, avec peu de bases de comparaison
Une faible diversification sociologique des clients
Une difficulté potentielle à maintenir la qualité au fil de l'accroissement des projets
Rising Stone, un promoteur qui veut conjuguer luxe et Bourse
Derrière l'introduction en Bourse de Rising Stone, prévue sur Euronext Growth, se dessine un pari peu courant : faire entrer sur les marchés financiers un acteur de l'immobilier de luxe en montagne, positionné à la croisée de la promotion, des services intégrés et de la gestion patrimoniale haut de gamme.
Publié le 06/02/2026 à 10:43 - Modifié le 06/02/2026 à 10:41
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