Le S&P 500 et le Nasdaq ont rebondi lundi après la déroute technologique de vendredi, portés par les signes de détente entre Israël et l'Iran et par des rachats à bon compte. La reprise est toutefois restée timorée, suggérant que les inquiétudes relatives aux taux d'intérêt et à l'exubérance de l'IA persistent.
Dans ma chronique du jour, j'examine si l'adage selon lequel 'les expansions économiques ne meurent pas de vieillesse, elles sont assassinées par la Fed' s'appliquera au marché haussier des actions porté par l'IA. Le mouvement de vente de vendredi, consécutif à de solides données sur l'emploi américain, laisse penser que cela pourrait être le cas.
Si vous disposez de plus de temps, voici quelques articles que je vous recommande pour décrypter l'actualité des marchés aujourd'hui.
1. L'Iran et Israël affirment avoir suspendu leurs frappes réciproques pour le moment
2. Comment quelques géants des puces IA ont faussé la sélection de titres en Asie
3. Nvidia conclut des accords avec des géants sud-coréens, dont SK Group, pour propulser le boom de l'IA
4. Le calme du marché pétrolier masque une multitude d'inconnues : Bousso
5. L'économie japonaise ralentit sous l'effet de la faiblesse des dépenses d'investissement au T1, selon les données révisées
Principaux mouvements du marché ce jour
o ACTIONS : Corée du Sud -9%, Japon -4%, Chine -3%. Europe et Royaume-Uni quasi inchangés. S&P 500 +0.3%, Nasdaq +0.9%, Dow -0.2%.
o SECTEURS/VALEURS : L'indice des semi-conducteurs 'SOX' +6%. Seuls trois des 11 secteurs du S&P 500 progressent : technologie, énergie, consommation discrétionnaire. Intel +11%, Micron Technology +10%, Apple -2%.
o CHANGES : Le dollar s'effrite légèrement, l'USD/JPY se maintient au-dessus de 160.00. Le KRW bondit de 2%, plus forte hausse des pays émergents ; le CLP perd plus de 1%, plus fort recul des émergents.
o OBLIGATIONS : Rendements des JGB +5 pb ; rendements américains +4 pb sur la partie longue, la courbe subit un 'bear steepening'.
o MATIÈRES PREMIÈRES/MÉTAUX : Pétrole en hausse d'environ 1%.
Les points clés du jour
* Un manque d'éclat
Après le sell-off de vendredi, un rebond à Wall Street lundi était fort probable. Il a bien eu lieu, mais s'est avéré très inégal, du moins au niveau des indices de référence : le S&P 500 a progressé de 0.3% après une chute de 2.6%, le Nasdaq a gagné 0.9% après un recul de 4%, et le Dow a poursuivi son repli après avoir perdu 1.3% vendredi. Seuls trois des 11 secteurs du S&P 500 ont fini dans le vert.
C'est d'autant plus surprenant compte tenu des espoirs de trêve entre l'Iran et Israël. D'un autre côté, les investisseurs ont connu de nombreux faux espoirs au Moyen-Orient récemment, et aucun repli des rendements obligataires n'est venu soutenir la tendance ; les Treasuries à long terme ont même progressé lundi.
* SpaceX dans la City
C'est la semaine décisive. SpaceX entre en bourse vendredi avec l'objectif de lever 75 milliards de dollars, ce qui constituerait la plus importante introduction en bourse (IPO) de l'histoire, valorisant la société au montant vertigineux de 1750 milliards de dollars. L'engouement est palpable, mais la prudence reste de mise pour plusieurs raisons.
SpaceX modifie les conditions d'accès aux actions ; elle permet une sortie anticipée aux initiés ; Elon Musk ne cède pas le contrôle et ne peut être révoqué de son poste de PDG qu'avec son propre accord ; enfin, l'entreprise est toujours déficitaire. Pourtant, les investisseurs semblent faire fi de ces éléments pour l'instant : la demande est forte. Très forte.
* La défense européenne en question
L'Allemagne et la France abandonnent un projet emblématique visant à développer et construire un avion de chasse de nouvelle génération, selon des sources allemandes, cédant aux rivalités industrielles qui minent le programme de défense le plus ambitieux d'Europe.
La décision de mettre fin au pilier central du plus grand projet de défense européen intervient alors que les menaces croissantes de la Russie et des États-Unis accentuent la pression sur l'Europe pour qu'elle se réarme. L'évolution de ce lundi suggère que les pays pourraient désormais privilégier une approche de plus en plus unilatérale.
Qu'est-ce qui pourrait faire bouger les marchés demain ?
o Évolution de la situation au Moyen-Orient
o Confiance des consommateurs en Australie (juin)
o Commerce extérieur de Taïwan (mai)
o PIB de la Corée du Sud (T1, révisé)
o Balance commerciale de l'Allemagne (avril)
o Production industrielle de l'Allemagne (avril)
o Inflation au Mexique (mai)
o Balance commerciale du Canada (avril)
o Balance commerciale des États-Unis (avril)
o Le Trésor américain adjuge 58 milliards de dollars de bons à 3 ans
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