Les marchés d'actions mondiaux ont affiché des performances contrastées vendredi. De nouvelles données ont révélé une croissance de l'emploi aux États-Unis, bien que le moral des consommateurs se soit replié et que les prix du pétrole soient restés élevés en raison de la poursuite des affrontements près du détroit d'Ormuz.

Les indices européens ont reculé, mais le S&P 500 a progressé de 0,8% et le Nasdaq Composite a bondi de 1,5% pour atteindre de nouveaux sommets historiques. Le Dow Jones Industrial Average est resté quasi inchangé.

Le secteur des semi-conducteurs s'est redressé, à l'image de Qualcomm qui a gagné environ 7,7%, tandis que Nvidia s'adjugeait près de 2%. Le titre Intel s'est envolé d'environ 14% suite à une information du Wall Street Journal faisant état d'un accord préliminaire avec Apple pour la production de certaines puces destinées aux appareils de la marque à la pomme.

Les cours du brut ont de nouveau progressé vendredi, la reprise des combats près du détroit d'Ormuz soulevant des interrogations sur la pérennité du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran. Le contrat de référence sur le Brent s'est apprécié de 1% pour s'établir autour de 101 dollars le baril.

Les créations d'emplois aux États-Unis ont dépassé les attentes en avril, tandis que le taux de chômage s'est maintenu à 4,3%. Ces chiffres témoignent de la résilience du marché du travail et renforcent l'idée que la Réserve fédérale maintiendra ses taux d'intérêt inchangés pendant un certain temps.

'La solidité des données sur l'emploi maintient la Fed dans sa position d'observation, concentrée sur le volet inflation de son mandat', a déclaré Ellen Zentner, stratége économique en chef chez Morgan Stanley Wealth Management. 'Une baisse des taux n'est toujours pas à l'ordre du jour à court terme, mais l'absence de menaces inflationnistes dans le rapport d'aujourd'hui devrait calmer les spéculations sur une éventuelle hausse.'

Parallèlement, le moral des ménages américains a chuté à un plus bas historique au début du mois de mai, la hausse des prix de l'essence pesant sur les finances et le pouvoir d'achat, selon une enquête publiée vendredi.

TENSIONS AU MOYEN-ORIENT

Les États-Unis et l'Iran ont échangé des tirs dans le Golfe et les Émirats arabes unis ont subi de nouvelles attaques, mettant à l'épreuve un cessez-le-feu vieux d'un mois. Les deux parties ont minimisé la situation, laissant les investisseurs dans l'incertitude.

'Le marché semble saisir la moindre occasion pour anticiper une fin rapide du conflit', a commenté Jan von Gerich, analyste en chef chez Nordea.

'Toutefois, un accord semble peu probable. Je continue de penser que des perturbations persisteront dans le détroit (d'Ormuz) sur une période prolongée et que la situation ne sera pas résolue de sitôt.'

En Europe, les marchés ont clôturé en baisse, l'indice paneuropéen STOXX 600 cédant 0,77%.

Les actions asiatiques se sont repliées de leurs récents sommets mais conservent une trajectoire hebdomadaire robuste, portées par les résultats solides et les plans d'investissement des géants américains du 'cloud' dans l'IA, ce qui a soutenu les fabricants de puces régionaux.

L'indice MSCI le plus large des actions d'Asie-Pacifique hors Japon a reculé de 0,8%, bien que le KOSPI sud-coréen ait progressé de 0,1%, portant son gain hebdomadaire à plus de 13,5% - sa meilleure performance depuis 2008 - grâce aux rallyes de Samsung et SK Hynix.

L'indice de référence de Taïwan a bondi de 7% cette semaine et le Nikkei japonais a progressé de 5,4%.

LE DOLLAR S'EFFRITE LÉGÈREMENT

Le billet vert a légèrement reculé, s'orientant vers une deuxième baisse hebdomadaire consécutive. Le yen est resté sous surveillance après l'intervention du Japon sur les marchés des changes début mai pour freiner sa chute, a indiqué une source proche du dossier à Reuters.

Le dollar s'est replié de 0,16% à 156,66 yens, se dirigeant vers un deuxième repli hebdomadaire face à la devise nippone. Les gains au-delà du seuil de 155 se sont avérés difficiles à maintenir après des interventions présumées totalisant près de 70 milliards de dollars depuis jeudi dernier.

L'euro s'échangeait à 1,177 dollar, tandis que le yuan chinois, devise asiatique la plus performante depuis le début du conflit, gravitait autour de 6,8 pour un dollar, proche de ses niveaux les plus fermes depuis 2023.

La livre sterling et les obligations d'Etat britanniques ont progressé vendredi après que le Premier ministre Keir Starmer a déclaré qu'il ne démissionnerait pas, malgré les lourdes pertes subies par son parti travailliste lors des élections locales.

DROITS DE DOUANE

Un tribunal de commerce américain a statué jeudi que les derniers droits de douane mondiaux temporaires de 10% imposés par le président Donald Trump n'étaient pas justifiés au regard d'une loi commerciale des années 1970. L'administration a toutefois fait appel de cette décision vendredi, et les analystes s'attendent à un impact global limité sur les prélèvements américains.

Les rendements du Trésor se sont légèrement détendus vendredi, le taux de référence à 10 ans s'établissant à 4,364%, en baisse de 3 points de base.

Le Bitcoin s'est dirigé vers une sixième hausse hebdomadaire consécutive, s'échangeant à 80 051 dollars.