La principale région productrice de charbon en Chine prévoit de construire la plus grande base du pays dédiée à la transformation du charbon en pétrole, gaz et produits chimiques. Cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations, illustrant la manière dont le conflit en Iran a renforcé la priorité accordée par Pékin à la sécurité énergétique.
La Mongolie-Intérieure est également le premier producteur d'énergies renouvelables de Chine, ce qui en fait un microcosme de la transition énergétique complexe du pays, où la dépendance au pétrole étranger côtoie une relative abondance de charbon.
Parallèlement, le processus de conversion du charbon en produits pétroliers constitue une source importante et croissante d'émissions de carbone, ce qui remet en cause les objectifs climatiques de la Chine.
« Nous renforçons et développons les capacités de production nationale des projets de transformation du charbon en pétrole, en gaz et en produits chimiques afin d'accroître l'autosuffisance nationale en hydrocarbures », a déclaré jeudi Huang Zhiqiang, le numéro deux de la région, lors d'une conférence de presse, sans toutefois fournir plus de détails.
Secteur en pleine expansion quasi inexistant ailleurs, cette production reste modeste par rapport aux volumes massifs de pétrole et de gaz importés par la Chine. En 2024, le volume de gaz, de liquides et de produits chimiques issus du charbon n'a permis de remplacer qu'environ 6 % des importations de gaz naturel et de pétrole brut du pays cette année-là.
Toutefois, la production progresse : en mai, le ministère chinois de l'Environnement a approuvé un projet de démonstration de transformation du charbon en oléfines à Ordos, en Mongolie-Intérieure, d'un montant de 22,1 milliards de yuans (3,3 milliards de dollars) pour une capacité de 800 000 tonnes par an. L'oléfine est un composant de base essentiel pour les plastiques et la chimie.
Les bénéfices de l'industrie de la carbochimie ont bondi depuis le début de la guerre en Iran, l'utilisation de charbon domestique bon marché lui conférant un avantage concurrentiel sur les acteurs de la pétrochimie qui dépendent d'un pétrole plus onéreux comme matière première.
LE COÛT CARBONE FACE AUX OBJECTIFS CLIMATIQUES
Huang Zhiqiang n'a pas répondu directement aux questions sur la manière dont les décideurs comptent gérer l'empreinte carbone de ce processus. Il a toutefois précisé que la Mongolie-Intérieure s'efforçait de concilier l'exploitation de ses vastes réserves de charbon avec le développement des énergies renouvelables, qui représentent désormais 53 % de la capacité installée de la région.
Des documents gouvernementaux font état de projets visant à promouvoir l'hydrogène vert dans la carbochimie, une initiative qui, selon les défenseurs des énergies propres, ne devrait pas servir de justification à une nouvelle expansion du secteur.
La Mongolie-Intérieure produit entre 1,25 et 1,28 milliard de tonnes de charbon par an, a indiqué M. Huang, soit plus du quart de la production totale de la Chine. Les deux tiers de ce volume proviennent d'Ordos, où le gouvernement érige actuellement le pôle carbochimique.
(1 $ = 6,7617 yuans chinois)



















