Il y a quelques semaines, un quart du capital d'Avis était détenu par des vendeurs à découvert. Cependant, comme près des deux tiers de celui-ci restaient entre les mains de deux hedge funds, SRS et Pentwater, le taux de positions vendeuses atteignait près de 90% des titres en circulation.
Cette configuration a donné une idée redoutable à Pentwater, qui a vendu un grand nombre d'options put "in the money" avec une expiration à un mois. Achetées en masse, elles ont subitement déclenché une forte demande de titres, obligeant les vendeurs à découvert à se racheter précipitamment à n'importe quel cours.
La mécanique a fonctionné à merveille, mais ce n'était qu'une moitié du plan, celle-ci pensée pour remplir les poches des deux hedge funds. L'autre moitié, dans l'intérêt d'Avis cette fois, consistait à lancer une augmentation de capital et à offrir à la vente cinq millions de titres - soit 15% du montant actuel - tandis que le cours atteignait de nouveaux sommets.
Ce grand numéro d'ingénierie financière et de manipulation de marché tombe à point nommé pour le groupe, qui supporte une dette nette de 28 milliards de dollars, des capitaux propres négatifs, et une charge d'intérêt qui, depuis la remontée des taux, vampirise l'intégralité - et même davantage - de son profit d'exploitation.
En incluant les dépréciations d'actifs, et malgré un bénéfice fiscal de 800 millions de dollars, Avis affiche ainsi 3 milliards de dollars de pertes cumulées sur les deux derniers exercices annuels. Ceci avait mis une sérieuse pression sur son bilan en mal de liquidités ; un refinancement s'imposait donc dans les plus brefs délais.
Ce spectaculaire lapin sorti du chapeau mis à part, le loueur de véhicules est aussi un exemple caricatural des distorsions causées par la pandémie. Son profit d'exploitation avait en effet quadruplé dès les premières réouvertures, alors même que la croissance restait aux abonnés absents.
Parti comme il est, ne reste plus au groupe qu'à se reconvertir dans l'intelligence artificielle pour que l'envolée se poursuive.



















