Le creux de mars déjà effacé
Après un mois de mars marqué par la montée du conflit au Moyen-Orient (craintes inflationnistes et de ralentissement économique), les investisseurs se sont montrés très optimistes en avril quant à l’issue du conflit. Les petites et grandes valeurs françaises, ainsi que les plus petites valeurs européennes, ont évolué de façon homogène dans la descente comme dans la remontée, perdant près de l’ordre de 8% en mars avant d’opérer un rebond de l’ordre de 10% depuis leurs plus bas de la fin mars.

Evolution, dividendes inclus, du CAC 40, du CAC Mid&Small et du MSCI Europe Microcap depuis le 1er mars 2026
Logiquement, ce sont les valeurs cycliques ou sensibles au taux (matériaux de construction, immobilier, finance, utilities, tourisme…) qui ont le plus accusé le coup, alors que le secteur de l’énergie (Vallourec, Maurel & Prom, Viridien, Française de l’Energie, Agripower …) se démarquait par un beta négatif au gré des cours des énergies fossiles.
Plus inédit, on remarquera la poursuite de l’envolée des valeurs des semi-conducteurs et des centres de données (Kalray, Soitec, Riber, 2CRSI, Memscap, OVH…) pour leurs liens plus ou moins forts avec les investissements toujours colossaux dans les infrastructures d’IA. ). Le phénomène est mondial. Après un mois de mars chaotique, les ESN et société de logiciels se reprennent quelque peu, l’IA étant présenté par leurs dirigeants comme un nouvel "outil" à intégrer à leur mode de production et à inclure dans leurs offres (agents IA). Les biotechs restent bien orientées dans leur ensemble en ce début d’année après leur retour en grâce du second semestre 2025. A noter quelques accidents de parcours lors des publications de Pull Up, LDLC voire, plus inquiétant, Solutions 30 et Worldline. Dans le même registre, les reports de publications se multiplient pour les sociétés en difficulté : Biosynex, Maisons du Monde, Munic, Nacon et Bigben. Enfin, les valeurs de la défense tiennent bon dans l’ensemble, même si Exail consolide à la faveur d’attentes très élevées alors que la famille Gorge s’est allégée au capital.
Palmarès 2026 des petites et moyennes capitalisations françaises les plus liquides (50M€ à 5 Md€ - perf. depuis le 1er janvier 2026 arrêtées au 21 avril à 9h45)
Les opérations financières se sont multipliées ces dernières semaines. On retiendra qu’une nouvelle foncière de bureaux veut sortir de Bourse, en l’occurrence Tour Eiffel. Une OPRO sera lancée à un prix cohérent avec l’ANR de liquidation (minimum exigé par l’AMF en cas d’expropriation, ici par la SMA BTP). Le positionnement de cette SIIC sur les bureaux de banlieue parisienne, aggravé par un fort levier, avaient conduit à une augmentation de capital massive de 600 M€ en janvier 2025. Autre sortie de Bourse annoncée, celle dans le tout aussi traditionnel secteur de la boulangerie, avec l’OPA de la famille fondatrice sur Poulaillon (24% du capital, prime spot de 29%). Très classiquement, la famille invoque ne plus avoir besoin du marché, une liquidité très faible et des coûts et contraintes liés à la cotation "de moins en moins justifiés". Les investisseurs des premiers jours de Bourse auront relativement bien gagné leur vie mais on regrettera que l’opération ait lieu alors que les planètes commençaient à s’aligner sur ce dossier discret mais attachant. Plus défensif, la nanocap grenobloise de l’IOT industriel Adeunis a lancé une OPAS à l’occasion de sa recapitalisation "coup d’accordéon". Une sortie de cote se profile là aussi. Au contraire, celle de Gaumont est freinée par une OPR au rabais. Enfin, l’IPO de Ieva Group s’est réalisée sans plébiscite fin mars, et la société perd plus de 20% depuis lors.

Evolution, dividendes inclus, du CAC 40, du CAC Mid&Small et du MSCI Europe Microcap depuis le 1er janvier 2026
Les remarques générales


(Source : Quantalys, rapport mensuel des sociétés de gestion)
De façon générale, à noter :
- Les fonds de la sélection, après avoir bien démarré l’année (3.9% en moyenne à fin février), sont en baisse de 3.1% en moyenne sur 2026 à fin mars. Un repli plutôt inférieur à celui accusé par leurs indices de référence.
- Seul le fonds Tailor Actions Entrepreneurs parvient à se maintenir dans le vert, à +0.1%
- Les performances sur cinq ans des fonds ont beaucoup baissé, d’une part car mars 2026 a été compliqué, mais surtout car la hausse de 2021, exceptionnelle pour les small et mid caps, contribue de moins en moins à la période quinquennale.
Les derniers arbitrages des pros
- Indépendance Europe Small "a cédé -9,9% en mars 2026, impacté par le déclenchement de la guerre en Iran. Au cours du mois, le fonds a renforcé ses investissements dans les sociétés CAIRN HOMES (Irlande) et PORR (Autriche) et a initié un nouvel investissement dans la société STADLER (Suisse) faiblement valorisée. Il a cédé son investissement dans la société TUBACEX (Espagne), bien valorisée".
- Indépendance France Small & Mid a limité ses pertes à -7.3% en mars, aidé par le bond de sa première position, la pétrolière Maurel & Prom, et de VAR Energie, renforcée en début de mois. Le fonds s'est allégé en Derichebourg, le marché valorisant bien la hausse des prix de sa production.
- Abascus Discovery R note qu’au sein du fonds "les publications continuent avec des résultats contrastés. Celles de Kontron et Cicor ont toutes les deux manqué les attentes du consensus sur les prévisions 2026, en particulier sur les marges et pénalisent le fonds de -1.6pt. Du côté de Kontron, le lancement d'une importante opération de rachat d'actions (4,5% du capital au maximum) ainsi que l'excellente génération de trésorerie nous laissent entrevoir cette baisse comme une opportunité. Pour Cicor, nous jugeons la nouvelle guidance assez conservatrice, notamment après ses récents problèmes de communication avec le marché en décembre qui ont largement pénalisé l'entreprise. Au niveau des contributeurs positifs, nous retrouvons des entreprises qui bénéficient du climat actuel comme MS International dans la défense et Séché Environnement pour sa partie liée à l'énergie, qui apportent ensemble +0,8pt de contribution au portefeuille. Les 3 plus importants contributeurs suivants, à savoir Energy Time, Powersoft et DHH, ont tous les trois affiché de très bonnes publications sur des segments différents (l'énergie, l'électronique audio et les centres de données) apportant +0,7pt de contribution au total. Au niveau des mouvements du portefeuille, nous avons pris quelques profits sur Hanza et Arteche après leur forte performance boursière pour nous renforcer sur des titres affichant de meilleurs potentiels. Nous avons ainsi renforcé la thématique de l'énergie avec Cadeler dans l'éolien off-shore, et R&S, présent sur le segment des transformateurs électriques. Nous sommes également sortis de notre position sur Real Consulting en Grèce que nous jugeons trop exposée aux problématiques apportées par l'IA à moyen et long terme.
- Idam Small Euro (-8.8% en mars) a cédé sa position en Technip Energies, "dont l’exposition significative au Moyen-Orient (environ 60% de l’activité au sein de la zone Afrique & Moyen-Orient) accroît le niveau de risque dans le contexte actuel". A l’inverse, le fonds a "initié une position en d’Amico, armateur spécialisé dans le transport de produits pétroliers raffinés, bien positionné pour bénéficier de la hausse des taux de fret dans un environnement de marché tendu".
- HMG Découvertes C a commenté deux opérations financières qui ont favorisé le portefeuille "ayant vendu son activité de logiciels, la société d’impression en 3D Prodways (+44,7%) a ainsi annoncé rendre le produit de cette cession aux actionnaires sous forme d’une prochaine Offre publique de rachat d’actions d’un montant de 20 millions d’euros, soit 72% de sa capitalisation. De son côté, l’actionnaire majoritaire du groupe de production cinématographique Gaumont ayant perdu le 19 mars son recours en justice contre l’AMF, le marché a revalorisé (+19,6%) le cours de l’action Gaumont pour mieux refléter le prix auquel une Offre publique de retrait dûment validée par le régulateur, devra être formulée d’ici la mi-avril". Entre autres, La position dans le groupe de communication extérieure JCDecaux a été "complétée alors que ce groupe a confirmé une amélioration de la dynamique de ses activités, aidée par la mise en oeuvre de nombreux contrats de mobilier urbain récemment remportés".
- Les gérants d’Alken Small Cap Europe, très discrets sur leurs mouvements de portefeuille, notent que "l'incertitude persiste et le risque de stagflation ne peut être ignoré. Cependant, l'histoire a toujours montré qu'une réaction excessive aux perturbations à court terme est rarement une stratégie payante. Nous restons concentrés sur les fondamentaux, en conservant un horizon d'investissement à long terme et en privilégiant les modèles économiques relativement à l'abri des vents contraires externes".
Terminons par une sélection des small caps parmi les mieux notées par notre Stock Screenner
(France - capitalisations boursières < 5 Md$ – source Stock Screener Zone Bourse)

























