S'y ajoute le conflit avec l'Iran, qui a ravivé les risques inflationnistes, mettant à rude épreuve des gouvernements déjà frappés par une multitude de chocs au cours de cette seule décennie.
Sans issue visible au conflit, la tension monte alors que les traders parient sur des hausses de taux des banques centrales et que les coûts d'emprunt à long terme s'inscrivent dans une spirale haussière.
Aux États-Unis, les taux à 30 ans ont franchi la barre des 5%, touchant lundi un sommet d'un an, tandis que les rendements des obligations japonaises à 10 ans ont atteint un plus haut de 30 ans.
Un fardeau de la dette élevé, qui renchérit le coût de financement d'un État, risque de peser sur le niveau de vie en restreignant les dépenses publiques et en freinant la croissance.
Ce tableau de bord suit les indicateurs clés de la dette publique au sein des sept économies les plus avancées (G7) :
FLAMBÉE DES COÛTS D'EMPRUNT
Les rendements obligataires du G7 ont bondi après la pandémie de COVID-19 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les banques centrales ayant relevé leurs taux d'intérêt de manière agressive pour juguler une inflation galopante.
Le maintien de coûts d'emprunt à long terme élevés reflète également l'exigence des investisseurs pour de meilleurs rendements afin de compenser le risque de détention de ces titres.
La guerre avec l'Iran constitue le dernier défi en date. Le Royaume-Uni paie le tribut le plus lourd parmi ses pairs, avec des rendements à 30 ans ayant atteint un pic de 28 ans la semaine dernière, l'incertitude politique venant aggraver la situation.
RÉDUCTION DES MATURITÉS
L'écart entre les rendements à court et à long terme s'est nettement creusé, rendant les emprunts à longue échéance relativement plus onéreux.
La pression est accentuée par les inquiétudes budgétaires, la réduction des portefeuilles obligataires des banques centrales et le désengagement des grands investisseurs institutionnels traditionnels, tels que les assureurs et les fonds de pension, du Japon au Royaume-Uni.
Pour atténuer cet impact, de nombreux gouvernements ont commencé à émettre des obligations à plus court terme. Mais cette stratégie est risquée : le remboursement ou le refinancement de la dette intervient plus tôt, ce qui signifie que toute hausse des rendements se répercute plus rapidement sur la charge d'intérêt.
UNE TRAJECTOIRE SANS RETOUR ?
La dette est approximativement égale ou supérieure au produit intérieur brut dans l'ensemble du G7, à l'exception de l'Allemagne, première économie d'Europe.
La crise financière mondiale de 2008, la crise de la dette de la zone euro en 2011-2012 et la pandémie de 2020 ont toutes contribué à l'alourdissement de la dette, pesant sur la croissance et dopant les dépenses.
Le Japon affiche le niveau le plus critique, avec une dette représentant plus du double de sa production nationale, tandis que même l'Allemagne, autrefois chantre de l'austérité, accroît ses emprunts.
À plus long terme, le vieillissement démographique, la charge de la dette et l'augmentation des dépenses liées à la défense et au climat feront encore grimper les niveaux d'endettement, à moins de changements politiques majeurs.
CHARGE DE LA DETTE
La hausse des coûts d'emprunt post-pandémie se répercute sur les paiements d'intérêts des gouvernements, ces derniers refinancant une dette autrefois bon marché à des taux de marché élevés.
Bien qu'ils restent inférieurs aux sommets historiques pour de nombreux pays, les paiements d'intérêts en proportion du PIB ont progressé régulièrement dans la plupart des pays du G7 récemment, notamment aux États-Unis.
En réalité, dans les pays de l'OCDE, la charge d'intérêt a déjà dépassé les dépenses de défense en 2024.
MONTÉE DES RISQUES
La prime de terme sur les bons du Trésor américains, indicateur clé de la rémunération exigée par les investisseurs pour le risque de détention d'obligations à long terme, a progressé depuis la pandémie.
Cela reflète diverses préoccupations, allant de la politique budgétaire américaine à la réduction du bilan de la Réserve fédérale, en passant par les doutes sur son indépendance et l'incertitude inflationniste à long terme.
Il s'agit d'un phénomène mondial. La prime de terme dans les principaux pays de l'OCDE a atteint son plus haut niveau depuis plus de 10 ans, a récemment constaté l'organisation.
SURVEILLER LES SPREADS
S'il est un indicateur de dette qui s'est amélioré, c'est la faible rémunération supplémentaire que les investisseurs exigent désormais pour détenir des obligations d'États de la zone euro par rapport à celles de l'Allemagne, considérée comme l'emprunteur le plus sûr d'Europe.
Le bloc a parcouru un long chemin depuis sa crise de la dette, lorsque la Grèce avait nécessité un sauvetage et que le risque d'un éclatement de la zone euro avait fait s'envoler ces coûts.
Prenons l'exemple de l'Italie. Autrefois symbole des tourments de la dette, la cohésion européenne accrue après la pandémie, la stabilité politique et la réduction du déficit budgétaire ont récemment ramené sa prime de risque au plus bas depuis 2008.
À l'inverse, les investisseurs perçoivent désormais un risque accru dans la détention de titres français, le paysage politique fragmenté depuis les élections de 2024 freinant les efforts de réduction du déficit budgétaire.
AVIS AUX INVESTISSEURS
Le Japon, pays le plus endetté du monde développé, est sous les projecteurs car les plans de dépenses de la Première ministre Sanae Takaichi ont ravivé les craintes budgétaires.
Les adjudications de titres sont scrutées de près pour déceler tout signe de tension, après qu'une vente désastreuse d'obligations à long terme a déclenché les déboires du marché obligataire nippon en mai dernier.
Les rendements à long terme avaient alors atteint des records après qu'une émission à 20 ans a rencontré son plus bas niveau de demande depuis 2012, tandis qu'un autre indicateur du sentiment des investisseurs tombait à son deuxième niveau le plus bas depuis au moins 1987.
Le Japon a réduit ses émissions à long terme en réponse, aidant à stabiliser la demande. Mais la pression s'accentue, les rendements à 10 ans ayant grimpé lundi à leur plus haut niveau depuis 1996.


















