Pour rappel, le PEA (Plan d’Épargne en Actions) permet d’investir dans des actions européennes (sociétés dont le siège est dans l’UE ou l’Espace Économique Européen) tout en bénéficiant, après 5 ans, d’une fiscalité allégée de 17,2% sur les gains.

Le CTO (Compte-Titres Ordinaire) souffre ainsi de l’effet de comparaison puisque sa fiscalité est de 30% et est incompressible. L’avantage de ce véhicule d’investissement est la liberté qu’il offre avec un accès direct aux marchés mondiaux. 

Il est compréhensible que les investisseurs français, dans le pays de l’OCDE qui taxe le plus, accordent une attention particulière à la fiscalité dans leurs décisions.

Le problème est que ce n’est pas là une histoire de fiscalité, ou du moins qu’elle n’en est pas le facteur déterminant. 

Sur une période d’investissement de 10 ans, il suffit d’une surperformance de 0,9% par an du CTO par rapport au PEA pour effacer l’écart fiscal. Sur 20 ans, il faudrait 0,82%. 

Et quand on sait que, sur la période 1900-2022, le marché américain a délivré un rendement annuel moyen deux fois supérieur à celui de la France, on comprend vite que la différence de fiscalité ne fait pas tout.

Ceux qui, à juste titre, ne fondent pas leurs décisions sur les performances passées peuvent néanmoins s’interroger : Les actions européennes représentent-elles vraiment les entreprises qui tireront la croissance mondiale de demain ?

Il existe bien des champions en Europe, mais les différences de dynamique entre ces trois zones économiques sont non négligeables. 

Le PEA en danger ? 

Au-delà de son manque de compétitivité fiscale, le climat d’instabilité qui règne à Bercy et à l’Assemblée nationale n’invite pas à la sérénité. La fiscalité de l’épargne y est actuellement débattue, et rien ne garantit qu’elle restera inchangée.

Mieux vaut donc concentrer ses décisions d’investissement sur les éléments réellement déterminants du rendement à long terme. Soit notamment la qualité des entreprises détenues, la diversification du portefeuille et l’horizon d’investissement, plutôt que sur d’hypothétiques évolutions fiscales.

En bref, ce propos ne vise évidemment pas les fidèles actionnaires d’Air Liquide ou de LVMH. Le marché boursier français représente moins de 3% du marché mondial. Il est tout à fait naturel d’en détenir une plus forte proportion dans son portefeuille. Mais gardons une chose en tête : il vaut mieux payer des impôts sur de belles performances que ne pas en payer sur des performances médiocres.