Le conflit iranien occupe une nouvelle fois le devant de la scène, les négociations de ce week-end pour un cessez-le-feu constituant l'événement majeur. Toutefois, les jours à venir apporteront également les premiers indices sur les répercussions pour les grandes entreprises et pour la Chine, deuxième économie mondiale.

Les dirigeants mondiaux auront fort à faire lors de leur rassemblement à Washington, tandis que la Hongrie s'apprête à vivre un scrutin décisif.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur la semaine à venir sur les marchés financiers, par Karin Strohecker, Marc Jones et Alun John à Londres, Lewis Krauskopf à New York et Rocky Swift à Tokyo.

1/ NÉGOCIATIONS CRUCIALES

Depuis le début de la guerre en Iran, la quasi-totalité des marchés financiers mondiaux évolue au gré des cours du pétrole, et il est difficile d'envisager un changement de tendance à court terme.

En conséquence, les investisseurs passeront leur week-end à guetter la moindre information en provenance d'Islamabad, au Pakistan, où se déroulent les pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran.

L'annonce d'un cessez-le-feu mardi soir avait ramené les cours de référence du brut sous la barre des 100 dollars le baril, déclenchant un rebond des actions mondiales. Cet accord semble toutefois fragile, les deux parties divergeant sur des points clés, notamment sur son application au Liban, qu'Israël continue de frapper.

Par ailleurs, rien n'indique que l'Iran s'apprête à lever son blocus quasi total du détroit d'Ormuz, à l'origine de la plus grave perturbation jamais enregistrée dans l'approvisionnement énergétique mondial.

Et si les contrats à terme sur le pétrole ont reflué par rapport à leurs sommets - tout en restant bien au-dessus des niveaux d'avant-guerre - les prix sur le marché physique atteignent des records, et l'impact sur l'économie réelle commence à se faire durement sentir.

2/ CAP SUR WASHINGTON L'impact de la guerre en Iran et l'exacerbation des risques géopolitiques seront au sommet de l'ordre du jour des argentiers de la planète, réunis à Washington pour les réunions de printemps du Fonds Monétaire International et du Groupe de la Banque mondiale.

La semaine sera rythmée par la publication de rapports et de prévisions - les Perspectives de l'économie mondiale et le Rapport sur la stabilité financière dans le monde du FMI sont attendus mardi, suivis des mises à jour régionales - et personne ne s'attend à de bonnes nouvelles. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 et du G20 se réuniront également.

Le conflit devrait peser sur la croissance, aggraver l'insécurité alimentaire, renchérir les coûts d'emprunt et accentuer les pressions inflationnistes en raison de la hausse des coûts de l'énergie.

Confrontées à un nouveau choc après le COVID-19, la guerre de la Russie en Ukraine et les turbulences commerciales, plusieurs nations en développement devraient solliciter une aide accrue de la part du Fonds.

3/ COUP D'ENVOI DES RÉSULTATS DU T1 Nous commencerons également à mesurer l'impact de la guerre sur les entreprises avec la publication des résultats des grandes banques américaines et de certains autres poids lourds mondiaux.

Goldman Sachs publiera ses comptes lundi, suivie mardi par JPMorgan, le premier prêteur américain, ainsi que par Wells Fargo et Citigroup. La solidité des revenus d'intérêts et des commissions de banque d'investissement devrait leur permettre d'afficher des bénéfices trimestriels en hausse.

Parmi les autres publications attendues la semaine prochaine figurent Netflix, Johnson & Johnson et PepsiCo, tandis qu'ailleurs, nous suivrons le taïwanais TSMC ainsi que les européens ASML et LVMH.

Les bénéfices du S&P 500 sont estimés en hausse de plus de 14 %, mais les retombées de la guerre, notamment les effets de ricochet de l'inflation tirée par l'énergie, viendront assombrir ces rapports.

4/ QU'EN EST-IL DE LA CHINE ?

Les données clés chinoises attendues jeudi offriront un premier aperçu de la manière dont la deuxième économie mondiale s'adapte à une trajectoire de croissance ralentie et au contexte de guerre.

Pékin devrait annoncer une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 5 % en rythme annuel pour le premier trimestre, selon la prévision médiane d'un sondage LSEG réalisé auprès de 11 analystes.

La croissance du PIB chinois a ralenti pour atteindre son plus bas niveau en trois ans, à 4,5 %, au dernier trimestre 2025. En mars, le gouvernement a fixé un objectif légèrement inférieur pour 2026, cherchant à rééquilibrer l'économie tout en restant compétitif face aux États-Unis.

5/ ORBAN SUR LA SELLETTE

Après 16 ans de règne de Viktor Orban en Hongrie, les investisseurs se préparent à l'éventualité, jadis impensable, que le Premier ministre provocateur, épine de longue date dans le pied de l'Union européenne, soit évincé du pouvoir ce week-end, lors de ce qui est présenté comme l'élection la plus sensible pour les marchés en Europe cette année.

Trois années de stagnation économique, le choc inflationniste le plus violent depuis les années 1990 et des révélations sur ses liens avec la Russie laissent prédire, selon les sondages, que l'homme de 62 ans sera battu par son ancien allié devenu rival, Peter Magyar. Ce dernier promet une remise à plat des relations avec Bruxelles afin de débloquer des milliards d'euros de financements européens.

Les analystes politiques estiment que l'éventail des résultats possibles lors du vote de dimanche est extrêmement large, incluant la possibilité qu'il se maintienne au pouvoir ou qu'il refuse de partir sans livrer bataille.

À en juger par la chute brutale du cours de bourse des entreprises qui lui sont liées et la surperformance relative de la devise et des obligations hongroises ces derniers mois, les investisseurs parient sur le changement. Les marchés se préparent toutefois à une forte volatilité.

Une élection se déroule également au Pérou, bien qu'avec un nombre record de 35 candidats en lice, un second tour décisif en juin sera presque certainement nécessaire.