Cette préoccupation n'est pourtant guère manifeste sur des marchés actions en pleine effervescence, où tout ce qui touche à l'IA règne sans partage en ce moment.
Voici l'essentiel de ce qu'il faut savoir pour la semaine à venir sur les marchés financiers, par Samuel Indyk, Lucy Raitano et Amanda Cooper à Londres, Rae Wee à Singapour et Lewis Krauskopf à New York.
1/ TOUT EST SUR LA TABLE
Le président américain Donald Trump vient de clore un sommet à Pékin avec son homologue chinois Xi Jinping ; une rencontre qu'un analyste a qualifiée de 'stratégiquement rassurante, bien que décevante sur le fond'.
En début de semaine prochaine, les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7 se réuniront à Paris. Tous les dossiers brûlants seront au menu : de l'impasse en Iran à la sécurisation des chaînes d'approvisionnement en minerais critiques, en passant par le choc pétrolier et la récente volatilité du marché obligataire mondial.
En l'absence de tout signe de résolution du conflit iranien, le cours du pétrole se maintient confortablement au-dessus des 100 dollars le baril. Bien que les traders et les investisseurs partent du postulat qu'un accord de paix finira par être conclu, le risque de dommages économiques s'accroît chaque jour davantage.
Les marchés obligataires, du Royaume-Uni au Japon en passant par les États-Unis, ont été malmenés par divers facteurs, notamment la remontée de l'inflation, les turbulences politiques et, surtout, un basculement radical des attentes des investisseurs concernant la trajectoire des taux d'intérêt.
2/ L'IA EN LIGNE DE MIRE
Une solide saison de résultats du premier trimestre pour les entreprises américaines s'achève en fanfare, avec les publications attendues la semaine prochaine du géant des semi-conducteurs Nvidia et d'une série de distributeurs, Walmart en tête.
Grâce à ses puces dédiées aux applications d'intelligence artificielle, Nvidia, première capitalisation boursière mondiale, fait figure de baromètre pour la thématique qui porte le marché haussier. Ses résultats de mercredi interviennent alors que la ferveur pour l'IA a propulsé l'ensemble du secteur des semi-conducteurs.
Les investisseurs scruteront Walmart et les autres détailants, dont Home Depot, Target et TJX Cos, à la recherche de signes indiquant que l'inflation liée à la guerre pèse sur la consommation des ménages.
Selon LSEG IBES, les bénéfices du S&P 500 sont en passe de progresser de plus de 28% au premier trimestre par rapport à l'année précédente.
3/ DISSONANCES À DOWNING STREET
Les données sur le marché du travail et l'inflation au Royaume-Uni pourraient s'avérer décevantes pour la classe politique et les décideurs, mais les événements à Downing Street seront également suivis de près par le marché obligataire.
Les marchés s'inquiètent de plus en plus d'une remise en cause du leadership du Premier ministre Keir Starmer après les résultats désastreux des élections locales ce mois-ci. L'impact énergétique de la guerre en Iran a semé le chaos sur les obligations mondiales, et l'incertitude politique intérieure n'arrange rien. Le ministre de la Santé, Wes Streeting, a démissionné jeudi, un geste qui pourrait préfigurer une course à la succession.
La crainte de voir arriver un Premier ministre plus ancré à gauche a ravivé les inquiétudes sur la fragilité des finances britanniques et fait grimper les rendements des Gilts. Les taux des obligations d'État britanniques à 10 ans frôlent des sommets inédits depuis 18 ans.
Si les chiffres de l'inflation de mercredi affichent un nouveau bond et que les marchés anticipent un durcissement accru de la politique de la BoE cette année, la déroute des Gilts pourrait encore s'accentuer.
4/ UN FOSSÉ QUI SE CREUSE ?
Nvidia monopolisera l'attention la semaine prochaine, mais quels que soient ses résultats, les investisseurs chercheront à savoir si la réaction du marché accentuera ou réduira l'écart de performance croissant entre les actions américaines et européennes.
Les perturbations de l'approvisionnement énergétique mondial ont frappé l'Europe plus durement, compte tenu de sa plus grande dépendance aux importations par rapport aux États-Unis. De plus, une série de résultats solides dans la Big Tech américaine face à une consommation européenne de plus en plus atone accentue cette divergence.
Le S&P 500 progresse de 8,8% cette année contre 3,3% pour le STOXX 600. La comparaison est encore plus frappante depuis le début de la guerre en Iran fin février : le S&P 500 a grimpé de 8,3% sur mars et avril, tandis que le STOXX a cédé 3%.
5/ LE COÛT DU PÉTROLE
Les données sur la croissance japonaise au premier trimestre, attendues mardi, pourraient offrir un premier aperçu de la manière dont la flambée des prix de l'énergie a pesé sur une économie très dépendante des importations de brut. Les autorités de la région suivront la situation de près, alors qu'elles doivent arbitrer entre pressions inflationnistes et risques de ralentissement de la croissance.
Le PIB sera suivi par les chiffres du commerce et de l'inflation au Japon plus tard dans la semaine, ces derniers pouvant renforcer les arguments en faveur d'un relèvement prochain des taux par la Banque du Japon.
Ailleurs en Asie, les données sur les prix de l'immobilier et les ventes au détail en Chine sont attendues lundi. La deuxième économie mondiale reste pénalisée par un secteur immobilier en souffrance et une consommation intérieure anémique, même si la dynamique globale de croissance montre des signes de résilience.


















