Le président russe Vladimir Poutine a approuvé la vente de la participation de 10% détenue par le groupe français TotalEnergies dans le projet sous sanctions Arctic LNG 2 au profit d'une société nommée Nordline LLC, selon un décret publié mercredi.

TotalEnergies s'est refusé à tout commentaire et n'a publié aucun communiqué relatif à une éventuelle cession, contrairement aux précédents désengagements du groupe en Russie.

Reuters a identifié deux entités enregistrées en Russie sous le nom de Nordline LLC, toutes deux liées au producteur privé de GNL Novatek, actionnaire majoritaire d'Arctic LNG 2, sans toutefois pouvoir confirmer laquelle est visée par le décret.

Novatek n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

LES ENTREPRISES OCCIDENTALES QUITTENT LA RUSSIE

Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022 et l'imposition de sanctions occidentales, de nombreuses entreprises étrangères ont vendu leurs actifs russes ou les ont vus saisis, en réponse au gel des avoirs russes à l'étranger.

En 2024, le géant de l'énergie Gazprom, contrôlé par le Kremlin, a acquis par décret une participation de 27,5% dans le projet gazier Sakhaline II, précédemment détenue par la major britannique BP, laquelle a enregistré une dépréciation de 1,6 milliard de dollars.

TotalEnergies a fait figure d'exception, se défaisant de participations pétrolières mineures tout en conservant sa part de 19,4% dans Novatek ainsi que ses intérêts dans le projet Yamal LNG, dont les ventes de GNL vers l'Europe ont progressé ces dernières années.

Le décret du 3 juin concernant Arctic LNG 2 ne fournit aucun détail sur Nordline ni sur les modalités de la transaction potentielle.

Le projet a été placé sous sanctions américaines en raison de l'invasion de l'Ukraine, ce qui a conduit TotalEnergies à déclarer la force majeure sur ses contrats d'enlèvement de GNL issus du projet en 2024.

Si elle aboutit, cette cession laisserait toujours TotalEnergies indirectement exposé à Arctic LNG 2 via sa participation dans Novatek.

Les autres actionnaires du projet sont Novatek (60%), China National Petroleum Corp (10%), China National Offshore Oil Corp (10%) ainsi qu'un consortium formé par Mitsui et la Japan Organization for Metals and Energy Security (10%).