Les tensions sur le marché du crédit privé se propagent désormais aux segments adjacents du capital-investissement. Le gestionnaire d'actifs suisse Partners Group a plafonné les rachats cette semaine, signalant que la volatilité du crédit privé - qui finance traditionnellement les opérations de LBO - gagne du terrain.

Partners Group, qui gère environ 185 milliards de dollars, a fait état d'une hausse des demandes de retrait au sein de ses fonds, se disant affecté par l'instabilité sectorielle du crédit privé. Jusqu'alors, ces tensions étaient restées circonscrites, dans le segment de l'equity, à des cas spécifiques comme celui de l'entreprise de logiciels Medallia, que la société de capital-investissement Thoma Bravo s'apprête à céder à ses créanciers.

La chute du titre Partners Group s'est répercutée sur ses pairs en Europe et aux Etats-Unis, témoignant d'un scepticisme accru des investisseurs à l'égard de cette classe d'actifs.

A l'instar d'autres véhicules d'investissement non cotés, Partners Group voit sa croissance fulgurante entravée par les doutes des investisseurs concernant les valorisations, la transparence et la liquidité des marchés privés.

Reuters a rapporté que les inquiétudes sur les performances de Partners Group s'intensifiaient depuis plusieurs mois, particulièrement au sujet de ses fonds 'evergreen', une innovation sectorielle censée offrir aux clients un accès simplifié à leurs capitaux.

Les fonds de crédit privé subissent également des pressions soutenues sur les rachats au cours du deuxième trimestre 2026.

Le fonds de crédit privé de Blackstone a limité les retraits à 5% après avoir reçu des demandes portant sur 10% des actions. De même, le fonds de 31,3 milliards de dollars de Cliffwater a fait face à des demandes de rachat de 17%, également plafonnées à 5%.

Ces mouvements font suite à 7,1 milliards de dollars de rachats enregistrés sur huit véhicules majeurs au premier trimestre, soulignant la volonté persistante des investisseurs de retirer leurs capitaux des marchés privés.

L'expansion rapide du crédit privé semble désormais marquer le pas, les émissions de prêts directs axées sur les Etats-Unis ayant plongé de 40% pour s'établir à 44,76 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Les données du secteur révèlent une collecte atone et des demandes de rachat élevées, marquant l'entrée de l'industrie dans une phase de prudence.

Cette tendance pourrait peser sur les résultats des gestionnaires de crédit privé en limitant la croissance des actifs et les commissions de transaction, d'autant plus que les fonds privilégient la conservation de leurs liquidités face aux pressions de retrait.