Florent Thy-Tine, comment abordez-vous 2026 après une année 2025 de retour en grâce des petites valeurs ?

"Les perspectives des petites et moyennes valeurs restent favorables cette année. En France comme en Europe, leur surperformance en 2025 est à relativiser, et leur décote de valorisation persiste. Le CAC Mid & Small affiche un PER 2026 d'environ 14,4x contre 16,3x pour le CAC 40, tandis que les perspectives de croissance sont plus élevées pour les petites. Pour notre couverture, nous anticipons une croissance du BPA de 26 %. Pour autant, la sélection de titres doit rester rigoureuse, et pour commencer 2026 nous avons ciblé des entreprises de qualité, innovantes et bien gérées, capables de tirer parti de la conjoncture économique tout en résistant à la volatilité. Nous avons donc décidé de ne pas suivre de thème particulier cette année, mais de mettre en avant des actions présentant des fondamentaux solides et un fort potentiel de revalorisation au cours des six prochains mois."

Quelles sont vos valeurs françaises favorites pour commencer l’année ?

"Nous voyons un très fort potentiel de hausse sur Française de l’Energie, avec un objectif de 55€ contre un cours actuel autour de 34€. En effet, la valorisation actuelle reste peu exigeante à 8.4x l’EBITDA 27e sans intégrer de nombreuses optionalités dans nos projections. De plus, 2026 sera une année riche en catalyseurs, avec des nouvelles positives, à l’image des 18 sites miniers supplémentaires dans les Hauts-de-France annoncés il y a quelques jours. Nous attendons également une accélération en 2027 avec une génération de cash-flow suffisante pour financer les projections 2030 ambitieuses du Groupe compte tenu des extensions de parc de cogénérations, des mises en production en Norvège et de l’accélération des contrats sur le biogaz. Nous apprécions également LDC, « poule aux œufs d’or » de l’agro-industrie française. Le contexte est favorable (prix des matières premières, crise du bœuf, consommation de volaille en hausse), il y a de bonnes surprises à attendre sur les marges (le consensus est trop prudent, la fin d’année a été bonne) et la valorisation est attractive pour un dossier défensif et structurellement surperformant. Nous trouvons le positionnement de Vallourec intéressant, notamment aux Etats-Unis où les prix sont bien orientés compte tenu de la stabilité de la demande et de la réduction accrue des importations américaines de tubes suite à la mise en place de droits de douane de 50 % par l'administration Trump. De nouvelles opportunités pourraient émerger au Venezuela où la récente intervention américaine rappelle ce qui s'est passé en Irak, où la production pétrolière a quadruplé après l'invasion américaine. Le rendement à deux chiffres qui ressort du prochain dividende met en évidence la faible valorisation du titre. Enfin, l’éditeur de logiciel de cyber sécurité français Wallix a retenu notre attention. Dans un monde digital en recherche de sécurité et de souveraineté, Wallix, qui peut s’appuyer des certifications garantissant la conformité au RGPD, à la NIS2 et à la DORA, devrait profiter du passage de son seuil de rentabilité pour voir décoller durablement ses profits, ses revenus étant très récurrents. A 6x l’ARR, sa valorisation reste attractive."

 

Consommation de Viande en France (source Agreste, TP ICAP)

Vous poussez également 5 dossiers italiens…

"En effet, nous recommandons à nos clients Gentili Mosconi qui gagne des parts de marché sur son principal concurrent, Ratti. Les moteurs de croissance sont multiples : la relocalisation de la production de luxe en Italie, l'assainissement du « Made in Italy » dans un contexte d'exigences ESG croissantes et la réduction du nombre de fournisseurs fiables jouent tous en faveur de GM. Consolidateur du marché, GM fait figure de cible pour les géants du luxe. Nous sommes positifs sur IEG, un comparable de GL Events qui présentera début février son plan stratégique 2030 et qui est faiblement valorisée (EV/EBITDA < 5x ; P/E < 9x) ainsi que sur Orsero, comparable du français Omer Decugis engagé dans une montée en gamme et compte percer aux Etats-Unis cette année. Nous restons acheteurs de Pharmanutra, dont les prochaines publications ne devraient pas décevoir, sans compter les nombreux catalyseurs (montée en puissance de la Chine et des Etats-Unis, potentiel du produit phare, SiderAL®) à mettre en face d’une valorisation en retard d’un tiers sur la moyenne de ces 5 dernières années. Enfin, nous voyons un fort potentiel de hausse sur l’opérateur télécom Unidata qui s’attèle à son nouveau business plan qui cible les services TIC à forte valeur ajoutée (cybersécurité, IA, cloud, IoT), en se tournant vers des segments à plus forte croissance. Au sein d’un secteur en voie de consolidation, Unidata se négocie à environ 4x EV/EBITDA FY26E, 8x P/E FY26E, contre environ 7x / 19x pour les opérateurs télécoms italiens de taille moyenne à petite et environ 6x / 22x pour les grands opérateurs télécoms européens."

Comparaison entre IEG et GL Events (source TP ICAP)