Sous la pression des Américains préoccupés par l'inflation, le président des États-Unis, Donald Trump, a assuré lundi aux propriétaires, exploitants et fournisseurs de la chaîne de restauration rapide McDonald's que son administration progressait dans la lutte contre l'inflation, tout en reconnaissant que des efforts restaient à fournir.

Trump, qui avait promis lors de la campagne présidentielle de 2024 de faire baisser les coûts, affirme que les baisses d'impôts décidées par son administration et les mesures visant à relocaliser la production manufacturière sur le sol américain contribueront à augmenter le revenu réel des Américains et à stimuler la croissance. Il admet toutefois que ces mesures mettront du temps à produire leurs effets.

« En tant que président, je me bats chaque jour pour soutenir les petites entreprises comme la vôtre », a-t-il déclaré au groupe. « Il reste encore beaucoup à faire, mais nous réalisons d'énormes progrès. »

Les coûts continuent d'augmenter aux États-Unis, notamment en raison des tarifs douaniers généralisés imposés par Trump à presque tous les pays. Les inquiétudes liées à l'inflation ont d'ailleurs favorisé les victoires démocrates lors des élections locales et régionales ce mois-ci. Parallèlement, la cote de popularité de Trump demeure faible, les Américains exprimant leur frustration face à la persistance de prix élevés.

Lundi, Donald Trump s'est adressé directement à la plus grande chaîne de restauration rapide du pays dans un discours qui n'a présenté aucune nouvelle initiative, abordant aussi bien les attaques militaires contre les installations nucléaires iraniennes que son attachement personnel aux produits McDonald's, ou encore son initiative de renommer le golfe du Mexique.

Ses propos ont été émaillés d'affirmations fausses ou trompeuses concernant la performance économique sous sa présidence.

TRUMP AFFIRME AGIR POUR FAIRE BAISSER L'INFLATION

Chris Kempczinski, PDG de McDonald's, a récemment averti que les consommateurs à faibles revenus devaient absorber « une inflation significative ».

L'entreprise, bien consciente de la résistance de cette clientèle à toute hausse des prix, propose depuis plus d'un an un menu à 5 $.

Trump s'est remémoré avoir servi des frites lors d'une étape de campagne dans un McDonald's de la région de Philadelphie en 2024, déclarant au « Impact Summit » bipartisan de la chaîne à Washington, lundi, que son administration oeuvrait à la réduction de l'inflation.

« Nous allons réussir à la faire baisser un peu », a-t-il promis, sans fournir de détails.

Trump, qui a longtemps soutenu que ses tarifs douaniers n'alimentaient pas la hausse des prix, a changé de position vendredi en annonçant la suppression des droits de douane sur plus de 200 produits alimentaires importés, notamment le café et les bananes, concédant ensuite à la presse que les tarifs pouvaient, « dans certains cas », faire grimper les coûts.

Il a déjà évoqué l'idée d'un chèque de 2 000 $ financé par les droits de douane pour les Américains à faibles et moyens revenus, une mesure qui nécessiterait toutefois l'approbation du Congrès. Il a également suggéré la création d'hypothèques sur 50 ans afin de rendre l'accès à la propriété plus abordable, bien que les emprunteurs paieraient davantage d'intérêts.

TRUMP PRÉVOIT DES MEETINGS AXÉS SUR L'ÉCONOMIE DANS LES PROCHAINS MOIS

Donald Trump prévoit d'organiser dans les prochains mois des rassemblements à travers les États-Unis, notamment dans les États clés, pour promouvoir son programme économique, ont indiqué deux responsables de l'administration, en vue des élections de mi-mandat prévues en novembre prochain.

Trump affirme que l'inflation est aujourd'hui bien plus faible que sous le mandat du précédent président démocrate, Joe Biden, lorsque les prix à la consommation avaient bondi jusqu'à 9 %. Mais les Américains restent sceptiques.

L'indice « Big Mac » du magazine The Economist, qui mesure le prix du célèbre hamburger dans de nombreux pays, montre qu'un Big Mac coûtait en moyenne 6,01 $ en juillet, contre 5,69 $ un an plus tôt et 5,15 $ il y a trois ans.

Le prix de la viande demeure un point sensible. Selon les données du gouvernement américain, une livre de boeuf haché coûtait environ 6,33 $ en septembre, soit une hausse de 13,5 % sur un an.

L'indicateur le plus couramment cité de l'inflation américaine, l'indice des prix à la consommation, affichait une hausse annuelle de 3 % en septembre, son niveau le plus élevé depuis janvier, plus de la moitié des postes suivis ayant enregistré des augmentations supérieures au taux global de 3 %.

La hausse annuelle du coût de l'alimentation à domicile, apparemment plus modérée à 2,7 % en septembre, reste la plus forte depuis plus de deux ans.

Les consommateurs demeurent exaspérés par la cherté de la vie, un constat fréquemment relevé par les dirigeants d'entreprises lors des présentations des résultats du troisième trimestre. Ceux-ci ont souligné que les ménages à faibles et moyens revenus supportaient l'essentiel de la hausse des coûts de l'alimentation, du logement et d'autres dépenses.

Des groupes comme Procter & Gamble, Coca-Cola et Colgate-Palmolive ont tous exprimé leurs préoccupations face à l'augmentation des coûts et à l'écart grandissant entre les consommateurs à faibles et à hauts revenus.

McDonald's, bien conscient de la résistance des ménages modestes à toute hausse tarifaire, continue de proposer un menu à 5 $ depuis plus d'un an.