UBS souhaite non seulement obtenir davantage de visibilité sur les futures exigences de fonds propres imposées par la nouvelle réglementation suisse, mais s'interroge également sur l'aptitude actuelle des candidats internes à reprendre le flambeau, ont précisé deux sources à Reuters.
Le conseil d'administration d'UBS se montre de plus en plus ouvert à l'idée d'un recrutement externe pour succéder à Sergio Ermotti, ont indiqué une source et une troisième personne au fait des délibérations.
UBS, qui tient son assemblée générale annuelle ce mercredi, s'est refusé à tout commentaire.
Reuters n'a pas pu établir si des favoris externes avaient déjà été identifiés. Aucune décision n'a été arrêtée concernant la succession et UBS ne devrait pas précipiter le processus, ont ajouté les sources.
Sergio Ermotti, qui a déjà dirigé UBS de 2011 à 2020, a répété sa préférence pour une solution interne. Le mois dernier, il a déclaré qu'il resterait aux commandes au moins jusqu'en avril 2027, tout en laissant la porte ouverte à une prolongation.
Un tel scénario donnerait à UBS la latitude nécessaire pour préparer ses cadres internes ou dénicher un successeur externe capable de prendre la suite d'un dirigeant dont la longévité à la tête du groupe est inégalée depuis la fusion de 1998.
L'OPTION DE LA PRÉSIDENCE
UBS souhaite qu'au moins l'un des deux postes de direction les plus élevés soit occupé par un citoyen suisse, ont précisé les sources. Elles ajoutent que Sergio Ermotti, revenu en 2023 pour orchestrer l'intégration de Credit Suisse, serait prêt à assumer la présidence du conseil d'administration de la banque.
Le régulateur financier suisse (FINMA) impose généralement un délai de viduité d'au moins 12 mois avant qu'un directeur général ne devienne président, bien qu'un passage direct au conseil d'administration sans fonction exécutive soit possible avant ce terme, a précisé la FINMA.
Sergio Ermotti, 65 ans, s'est engagé à rester en poste jusqu'au terme de l'intégration de Credit Suisse, une échéance qu'UBS avait initialement fixée à la fin 2026 ou au début 2027.
Toutefois, le durcissement des règles bancaires promis par les autorités suisses après la chute de Credit Suisse est devenu un point de friction majeur. UBS tente de modérer des mesures qu'elle juge menaçantes pour sa compétitivité.
Ces règles pourraient contraindre UBS à mobiliser jusqu'à 22 milliards de dollars de fonds propres supplémentaires, bien que le degré de sévérité final demeure incertain.
Malgr&é des signes d'assouplissement des propositions gouvernementales initiales, le conseil d'administration souhaite que ce dossier soit clos avant l'entrée en fonction du prochain directeur général, a souligné l'une des sources.
Si les mesures s'avéraient trop contraignantes, UBS devrait intensifier ses plans de contingence, incluant l'hypothèse d'un transfert de son siège social à l'étranger, rapportait Reuters ce mois-ci.
Bien qu'UBS réaffirme son attachement à son ancrage helvétique, des sources proches de la direction indiquent que la banque observe de près les velléités de déréglementation bancaire aux États-Unis. Le marché américain pourrait constituer une option si la place suisse n'est plus jugée viable.
Un tel virage stratégique influencerait inévitablement le choix du futur patron de la banque, concluent les sources.





















