Le directeur général d'Ukrzaliznytsia, Oleksandr Pertsovskyi, a confié à Reuters au début du mois que l'entreprise souhaitait augmenter les tarifs de fret d'au moins 45%. Cette hausse permettrait de réduire ses pertes et de restructurer sa dette considérable.
Dans une lettre adressée à Reuters en réaction aux déclarations d'Ukrzaliznytsia, le président du syndicat, Oleksandr Kalenkov, a souligné que le secteur sidérurgique ukrainien avait déjà subi des pertes de 28 milliards de hryvnias (632 millions de dollars) et que toute charge supplémentaire pour l'industrie serait paralysante.
Depuis le début du conflit avec la Russie, l'Ukraine a déjà perdu d'importantes installations sidérurgiques. Plusieurs usines ont vu leur activité suspendue et d'autres fonctionnent à des capacités nettement réduites.
'Dans ces circonstances, toute nouvelle augmentation des coûts de transport pourrait devenir le facteur décisif qui fera basculer de nouvelles entreprises d'une exploitation partielle vers un arrêt définitif', a écrit M. Kalenkov.
Il a précisé que la base de transport de fret de l'Ukraine s'est contractée et que les volumes transportés par rail devraient tomber à 160 millions de tonnes métriques en 2026, contre environ 314 millions de tonnes en 2021.
La moitié de ce déclin est imputable à l'occupation des territoires ukrainiens et à la perte des actifs industriels qui s'y trouvaient, a indiqué M. Kalenkov.
Il a attribué le reste de cette baisse à la détérioration de l'activité économique, à la réduction de la production industrielle et à la chute des volumes d'exportation.
Malgré la baisse des expéditions de fret, UkrMetalurgProm estime que la compagnie ferroviaire continue de maintenir des coûts d'infrastructure et d'exploitation dimensionnés pour un marché du transport nettement plus vaste.
Alors que le patron d'Ukrzaliznytsia affirmait à Reuters plus tôt ce mois-ci que le chemin de fer ne pouvait plus se permettre de subventionner d'autres secteurs de l'économie, le syndicat soutient que les clients du fret se voient de fait sollicités pour compenser les pertes du transport de passagers et les inefficacités structurelles non résolues au sein du système ferroviaire.
M. Kalenkov a déclaré que la hausse de tarifs envisagée créerait un désavantage compétitif majeur pour les exportateurs ukrainiens, à un moment où le pays doit de toute urgence préserver sa production industrielle, ses exportations, ses emplois et ses rentrées de devises étrangères.
(1$ = 44,3339 hryvnias)






















