Le Rich Starry, un pétrolier sous sanctions américaines, a repris mercredi la direction du détroit d'Ormuz après avoir quitté le Golfe la veille, selon les données de navigation. Le navire n'est pas parvenu à forcer le blocus imposé par les États-Unis aux bâtiments faisant escale dans les ports iraniens.

Le président américain Donald Trump a annoncé ce blocus dimanche, après l'échec des pourparlers de paix organisés ce week-end à Islamabad entre les États-Unis et l'Iran.

"Au cours des premières 24 heures, aucun navire n'a franchi le blocus américain", a déclaré le Commandement central des États-Unis sur X, précisant que six navires s'étaient conformés aux ordres des forces américaines de faire demi-tour pour regagner un port iranien.

Le pétrolier appartenant à des intérêts chinois figurait parmi au moins huit navires ayant tenté de traverser la voie navigable mardi, au premier jour du blocus américain.

Un destroyer américain a intercepté mardi deux pétroliers qui tentaient de quitter le port iranien de Chabahar, dans le golfe d'Oman, a indiqué un responsable américain.

UN PÉTROLIER CHINOIS CHARGÉ DE MÉTHANOL

Le Rich Starry et son propriétaire, Shanghai Xuanrun Shipping Co, ont été placés sous sanctions américaines pour leurs relations commerciales avec l'Iran. La société n'a pu être jointe pour un commentaire.

Le Rich Starry est un pétrolier de taille moyenne transportant environ 250 000 barils de méthanol chargés au port de Hamriyah, aux Émirats arabes unis, d'après les données de Kpler. Il est actuellement au mouillage au large de l'Iran.

Le blocus a accentué l'incertitude pour les transporteurs, les compagnies pétrolières et les assureurs spécialisés dans les risques de guerre. Le trafic ne représente plus qu'une fraction des quelque 130 passages quotidiens enregistrés avant le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l'Iran le 28 février, ont indiqué mardi des sources du secteur.

Aucun pétrolier iranien transportant du brut destiné à l'exportation n'a franchi le détroit depuis le début du blocus, selon les données de Kpler et du LSEG.

Le producteur de l'OPEP dispose d'une capacité de stockage de brut à terre inutilisée d'environ 90 millions de barils. Celle-ci permettrait de maintenir sa production actuelle de 3,5 millions de barils par jour (bpj) pendant environ deux mois en cas d'arrêt total des exportations, a souligné le cabinet de conseil FGENexant dans une note.

Une réduction de la production d'environ 500 000 bpj, pour la ramener à 3 millions de bpj, porterait ce délai à environ trois mois, a-t-il ajouté.

DES NAVIRES EN ROUTE VERS L'IRAQ

Un autre navire sous sanctions américaines, le VLCC (Very Large Crude Carrier) Alicia, connu pour transporter du pétrole iranien depuis 2023, est entré mercredi dans le Golfe via le détroit, indiquent les données de Kpler et du LSEG. Ce pétrolier lège, d'une capacité de 2 millions de barils, se dirige vers l'Iraq pour y charger une cargaison jeudi, selon Kpler.

Par ailleurs, le VLCC Agios Fanourios I, battant pavillon maltais, a pénétré mercredi dans le Golfe par le détroit lors d'une deuxième tentative de transit. Le pétrolier faisait partie des navires ayant tenté d'entrer dans le Golfe dimanche, lors de l'accord de cessez-le-feu américano-iranien.

Il fait route vers l'Iraq pour charger du brut de Bassorah destiné à la raffinerie de Nghi Son au Vietnam, selon les données et des sources commerciales.

Eastern Mediterranean Maritime, gestionnaire de l'Agios Fanourios I, et Nghi Son Refinery and Petrochemical n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires.