Genesis AI, une jeune pousse française de la robotique soutenue par l'ancien PDG de Google Eric Schmidt et le magnat des télécoms Xavier Niel, a présenté mercredi un modèle d'intelligence artificielle conçu pour accroître l'adaptabilité des robots, ainsi qu'une main robotisée aux capacités humaines.

Co-fondée par Théophile Gervet, ancien chercheur chez Mistral, l'entreprise a précisé que son modèle GENE-26.5 peut piloter une large gamme de machines, y compris celles produites par des tiers. Des discussions avancées sont en cours avec des clients potentiels en France, en Allemagne et en Italie.

Ce lancement - accompagné d'une main robotisée capable de couper des tomates ou de résoudre un Rubik's Cube - intervient alors que l'Europe s'efforce de se réindustrialiser et de réduire sa dépendance vis-à-vis des manufactures asiatiques.

La demande pour la robotique industrielle est également en pleine ascension. L'allemand Schaeffler a déclaré cette semaine anticiper un carnet de commandes dans la robotique s'elevant à plusieurs centaines de millions d'euros d'ici 2030.

Fondée au début de l'année 2025, Genesis AI a levé 105 millions de dollars lors d'un premier tour de table, l'un des plus importants de l'Hexagone, égalant le record de la levée de fonds d'amorçage de Mistral AI - le leader européen de l'IA. Parmi les investisseurs figure également la banque publique d'investissement Bpifrance.

PRIORITÉ À L'EUROPE

Théophile Gervet a confié à Reuters que la société accordait la priorité au marché européen.

'Il y avait deux raisons majeures. La première était le vivier de talents', a-t-il déclaré. 'La seconde était la base industrielle en tant que débouché commercial pour nous.'

Genesis cible des secteurs tels que l'automobile, l'électronique, la pharmacie et la logistique, où les robots conventionnels peinent à accomplir des tâches délicates ou variables, comme le câblage, qui nécessite de regrouper et de rubaner des fils.

L'entreprise a indiqué avoir signé ses premiers contrats sans toutefois révéler l'identité de ses clients. Les engagements porteront généralement sur trois à cinq ans, selon les besoins, a précisé Vivian Sun, vice-présidente en charge du commerce et de la stratégie.

Elle collabore également avec des partenaires pour constituer des jeux de données robotiques, notamment en collectant des données en conditions réelles auprès de dizaines de milliers d'ouvriers industriels équipés de gants munis de capteurs.

UNE MAIN AUX CAPACITÉS HUMAINES

La main robotisée de Genesis est conçue pour refléter plus fidèlement l'anatomie humaine que les pinces standards, permettant un transfert plus direct du mouvement humain vers la machine.

Dans une vidéo consultée par Reuters, le robot a découpé des tomates, cassé des oeufs, résolu un Rubik's Cube et joué du piano.

Ce lancement place Genesis en concurrence directe avec le chinois Linkerbot qui, selon des informations de Reuters, vise une valorisation de 6 milliards de dollars face à l'explosion de la demande pour des mains robotisées à haute dextérité.

Les deux sociétés développent du matériel permettant une manipulation plus proche de celle de l'homme en milieu industriel.

Genesis a indiqué prévoir de nouvelles levées de capitaux, tout en estimant qu'une introduction en bourse demeure prématurée.