Dans un contexte de croissance mondiale prudente pour l'exercice 2024-2025, la modération de l'inflation et la stabilisation des prix des matières premières ont permis aux économies avancées de maintenir des politiques monétaires strictes mais stables, même si les droits de douane américano-chinois dépassant 145% sur certaines catégories et de nouvelles taxes de 25% sur l'acier et l'aluminium continuent de peser sur le moral des exportateurs.
Dans ce contexte, la base de ressources de l'Inde reste solide : la production de minerai de fer a atteint 289 millions de tonnes métriques (MTM), avec des exportations d'une valeur de 2,1 milliards de dollars US contre 3,8 milliards l'année précédente, tandis que la production de charbon a grimpé à 1 047,7 MT et a atteint 69,9 MT entre avril et août de l'exercice 2026, accompagnée de 707 000 tonnes d'aluminium primaire et de 54,2 MT d'acier brut au début de l'exercice 2026.
Cette production diversifiée soutient des perspectives intérieures optimistes, à l'intersection des objectifs d'énergie propre et des projets d'infrastructure. De nouveaux objectifs de développement des énergies renouvelables visent 50% de la capacité installée provenant de sources non fossiles d'ici 2030, tandis que la demande d'acier devrait croître d'environ 10% avec l'accélération des projets de routes, de chemins de fer et d'aéroports.
Dans cet environnement en mutation, Vedanta, fondée en 1976 et basée à Mumbai, s'impose comme un conglomérat diversifié de ressources naturelles dont l'influence s'étend de l'Inde à l'Afrique, l'Australie et au-delà. Son portefeuille couvre le zinc-plomb-argent, le minerai de fer, l'acier, le cuivre, l'aluminium, l'énergie, le nickel, ainsi que le pétrole et le gaz, positionnant la société comme un acteur clé pour renforcer la sécurité des ressources de l'Inde tout en profitant de la demande mondiale.
Revenus en hausse
Quelques chiffres pour illustrer : la société a enregistré son meilleur deuxième trimestre historique avec un chiffre d'affaires de 392,2 milliards de roupies, en hausse de 6% sur un an par rapport au T2 2026, porté par des prix des matières premières plus fermes, des volumes de production en hausse, un LME et des primes plus solides, ainsi qu'un effet de change favorable qui n'a que partiellement compensé la faiblesse des volumes.
L'EBITDA a suivi la même trajectoire, grimpant de 12% sur un an à 116,1 milliards de roupies, grâce principalement à ces effets de prime et de change, même si la hausse des coûts et la faiblesse persistante des volumes ont entamé les gains. Les marges sont restées stables à 34%, mais le résultat net raconte une autre histoire, reculant de 38% sur un an à 34,8 milliards de roupies, sous l'effet de fortes pressions sur les coûts et d'une perte exceptionnelle marquant le trimestre.
Les nouveaux chiffres sur les neuf premiers mois de l'exercice 2026 confirment une dynamique en dents de scie. La production d'alumine à Lanjigarh a bondi de 32% sur un an, atteignant 2 millions de tonnes, tandis que le zinc raffiné a progressé de 2% à 624 000 tonnes. La production de minerai commercialisable a augmenté de 8% à 4,5 millions de tonnes, et les ventes d'électricité ont gagné 6% à 13,1 milliards d'unités.
Discipline sur le dividende
Soutenue par une croissance soutenue sur l'année, l'action a bondi de 46,7%, portant la capitalisation boursière à 2,6 billions de roupies (28,8 milliards de dollars US). Le récit gagne en force si l'on considère la discipline sans faille du groupe en matière de dividendes : une décennie de distributions généreuses a permis d'afficher un rendement moyen de 10,8%, et les analystes anticipent désormais des paiements futurs autour de 5,3%.
Pour la suite, la société se traite sur la base d'un PER anticipé de 14,5 fois les bénéfices 2026, nettement en deçà de la moyenne triennale de 15,2 fois. Résultat : le consensus reste optimiste : neuf recommandations « Achat » contre quatre « Conserver », pour un objectif moyen de 621,2 roupies. L'action étant déjà à ce niveau, tout repli à court terme pourrait être l'occasion pour les investisseurs de réévaluer leur exposition.
Des risques à surveiller
La performance de Vedanta s'apparente à une manche bien menée : stable, réfléchie et ancrée dans la stratégie, même si les vents mondiaux agitent le secteur des métaux. Sa diversification d'actifs maintient le récit vivant, mais la société ne peut ignorer la litanie des risques liés aux changements de politiques, à de nouveaux conflits commerciaux et à la volatilité des coûts, susceptibles de mettre à l'épreuve sa dynamique opérationnelle. Pour les investisseurs, l'histoire reste attrayante, à condition que le groupe continue de concilier ambition et prudence, tout en gardant un œil attentif sur les vents contraires macroéconomiques qui pourraient redessiner le prochain chapitre.



















