Pour des groupes comme Verizon ou AT&T, privés de croissance hors inflation, il était donc naturel que les valorisations s'ajustent automatiquement à la baisse pour assurer des rendements sur dividende deux cents points de base supérieurs au taux à dix ans.

La légère baisse de taux en début d'année a redonné un peu de souffle aux capitalisations boursières des opérateurs. Aux États-Unis, la pression politique est forte pour que la banque centrale assouplisse encore davantage sa politique monétaire, notamment dans l'optique de relancer le marché de l'immobilier.

Les amateurs de trades « momentum » tiennent ici une raison valable de s'attarder sur le cas de Verizon.

Aux prises avec une dette nette de 150 milliards de dollars et un cash flow d'exploitation qui stagne, l'opérateur était tenu par ses actionnaires de donner des gages. C'est ce qu'il fait via une réduction de son programme d'investissement - forcément intense pour couvrir le territoire de fibre et de 5G - qui devrait cette année être le plus bas depuis 2019.

Le coup de fouet sur le cash-flow libre est immédiat. Ce dernier devait atteindre 20 milliards de dollars cette année, et ainsi très confortablement couvrir la distribution de dividendes aux alentours de 11,5 milliards ; ainsi, espérons-le, qu'un semblant de désendettement.

C'est clairement l'attente des investisseurs, qui valorisent Verizon depuis la fin de la pandémie à un rendement sur dividende entre 6 et 7%, alors qu'elle oscillait avant entre 4 et 5%. Il est vrai qu'entre-temps le levier financier a augmenté, tandis que la rentabilité des capitaux propres a diminué.