Washington (awp/afp) - La Bourse de New York évolue en baisse lundi, plombée par les craintes sur l'indépendance de la banque centrale américaine (Fed) après les menaces judiciaires de la Maison Blanche à l'encontre de l'institution monétaire.
Vers 15H00 GMT, le Dow Jones reculait de 0,39%, l'indice Nasdaq perdait 0,10% et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,11%.
"Il y a aujourd'hui une certaine tendance à vendre les actifs américains", résume auprès de l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.
Dans un message vidéo publié dimanche soir, Jerome Powell a annoncé que le ministère de la Justice a lancé une enquête pouvant conduire à des poursuites pénales à son encontre.
Le très pondéré président de la Fed, qui avait été nommé par Donald Trump pendant son premier mandat, a assuré qu'il ne plierait pas face aux pressions du gouvernement.
Selon lui, la démarche, "sans précédent", n'est qu'un "prétexte", une pression supplémentaire à l'encontre de la Réserve fédérale pour ne pas avoir obéi aux injonctions du chef de l'Etat.
"La Fed est une institution très puissante sur laquelle Donald Trump n'a aucune prise, c'est une façon d'essayer d'exercer un contrôle sur elle", souligne Steve Sosnick.
Depuis son retour à la Maison Blanche, le républicain appelle l'institution à baisser drastiquement les taux pour soutenir l'économie.
Si les marchés boursiers accueillent généralement de façon positive les détentes monétaires grâce à la perspective de bénéfices plus importants pour les entreprises, "la plupart des investisseurs considèrent que l'indépendance de la banque centrale est cruciale", rappelle Steve Sosnick.
"L'une des craintes du marché est qu'une Fed motivée par des considérations politiques puisse s'écarter quelque peu de son mandat", ajoute l'analyste.
La banque centrale américaine doit faire en sorte que les Etats-Unis soient au plus près du plein emploi mais aussi contenir l'inflation à long terme autour de 2%.
Dans ce contexte, la réaction du marché obligataire "aurait pu être pire", estime M. Sosnick.
Le rendement de l'emprunt américain à dix ans se tendait à 4,19% vers 15H00 GMT contre 4,17% à la clôture vendredi. L'échéance à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, passait de 3,53% à 3,54%.
Selon Steve Sosnick, il y a "une tentative sans précédent de la part d'un gouvernement (américain, ndlr) d'imposer sa volonté sur une série de questions".
Lundi, le secteur de la finance était dans le rouge face à la volonté de Donald Trump de limiter à 10% les taux d'intérêts appliqués aux cartes de crédit.
"Les Américains se font arnaquer par les entreprises de crédit qui imposent des taux de 20% à 30%, parfois plus", a jugé le républicain.
La banque Capital One perdait 5,80%, Citigroup 3,24%, JPMorgan 1,42% et Bank of America cédait 0,90%.
Les groupes de carte de crédit étaient aussi à la peine à l'image de Visa (-2,78%), Mastercard (-2,61%) et American Express (-3,97%).
Et les spécialistes du paiement fractionné ne parvenaient pas non plus à tirer leur épingle du jeu, Klarna reculant de 3,94% et Affirm de 4,64%.
L'enseigne de prêt-à-porter Abercrombie & Fitch dévissait de plus de 18% à 101,68 dollars après avoir légèrement abaissé ses prévisions annuelles.
L'entreprise prévoit désormais une croissance de son chiffre d'affaires annuel d'"au moins 6%", contre une fourchette de 6% à 7% lors de la précédente estimation.
Le groupe pétrolier ExxonMobil (-0,86% à 123,55 dollars) était quelque peu boudé après les déclarations de Donald Trump, qui s'est dit "enclin à écarter" l'entreprise de l'exploitation des sous-sols vénézuéliens.
"Impossible d'investir" au Venezuela sans réformes en profondeur avait assuré vendredi Darren Woods, le patron d'ExxonMobil.
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