Paris (awp/afp) - Deux salles, deux humeurs de marché. Wall Street a ouvert à la baisse jeudi, plombé par le recul d'un de ses géants de la tech Broadcom, alors que l'Europe respire avec la baisse des prix du pétrole.

Piqure de rappel sans frais sur les risques d'une bulle IA, ou début d'inversion de tendances? Le Nasdaq corrigeait une longue série de records jeudi à l'ouverture (-0,86%), emporté par un mouvement de vente des titres du fabricant de semi-conducteurs Broadcom (-15,16%).

Exigeants envers les champions de la tech, le marché a sanctionné le maintien par le groupe de ses objectifs annuels alors qu'ils attendaient un relèvement.

"Cela montre à quel point les marchés intègrent des croissances gigantesques" après "des performances assez vertigineuses des valeurs liées aux semi-conducteurs", explique à l'AFP Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour IG France. "Le marché ne tolère pas le moindre grain de sable".

Cette défiance provoque une rotation au sein même du secteur de la tech, avec un regain d'intérêt pour les éditeurs de logiciels, malmenés depuis des semaines. Capgemini (+6,35%) et Dassault Systèmes (+5,57%) flambaient à Paris, comme SAP (+5,85%) à Francfort.

Il ne semble pas cependant que le coup de froid sur Broadcom annonce un retour au "grand hiver" de l'intelligence artificielle, un secteur dont les analystes évoquent le besoin d'investissements dans les infrastructures.

Deux autres fabricants de semi-conducteurs (AMD à New York et STMicroelectronics à Paris) reculaient certes de plus de 6% vers 14h00 GMT.

Mais deux valeurs des "sept magnifiques" de la tech américaine reculaient dans des proportions bien moindres (Tesla et Nvidia -0,34%) tandis que les cinq autres continuaient d'attirer (Alphabet +1,33%, Apple +0,45%, Amazon +0,92%, Meta +1,27%, Microsoft +0,60%...).

Le marché attend l'introduction en bourse de Space X et d'Anthropic

Le S&P 500 était pratiquement à l'équilibre (-0,06%) tandis que le Dow Jones des valeurs traditionnelles progressaient (+1,49%).

En Europe, vers 14h00 GMT, la Bourse de Paris gagnait 1,02% et Francfort 0,62%. Milan redressait la barre (+0,14%) et Londres était à l'équilibre (+0,09%).

"À l'approche de la fin de semaine, l'attention se porte sur l'interaction entre la géopolitique, l'économie et le thème de l'intelligence artificielle", résume Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

A part Londres (où British Petroleum reculait -1,37%), les places européennes saluaient la baisse des prix du pétrole malgré l'absence d'accord au Moyen-Orient.

Le pétrole recule, les taux aussi

Vers 14H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du brut, perdait 3% à 94,89 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, cédait 3,79% à 92,38 dollars le baril.

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a assuré jeudi que les Etats-Unis et Israël avaient subi un "revers cuisant" dans la guerre contre son pays, au moment où les négociations de paix entre Washington et Téhéran butent notamment sur la question du Liban.

Le fait que le seuil des 100 dollars le baril "n'ait pas été franchi montre que le marché reste patient", relève Mme Brooks.

Aux Etats-Unis comme en Europe, les taux se détendaient, à une semaine de la réunion de la Fed puis de la Banque centrale européenne (BCE).

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s'établissaient à 4,45% contre 4,49 la veille.

En Europe, le "Bund" allemand à dix ans affichait un rendement de 3% contre 3,03%. Son équivalent français affichait 3,65% contre 3,67%.

Sur le marché des devises, l'euro remontait face au dollar (+0,32%) à 1,1634 dollar pour un euro, contre 1,11569 la veille.

afp/lf