Les trois principaux indices de Wall Street ont terminé la séance de mardi sur leur plus forte baisse quotidienne en trois mois, lors d'une large vague de ventes provoquée par l'inquiétude que les nouvelles menaces tarifaires du président Donald Trump contre l'Europe ne signalent un retour de la volatilité sur les marchés.
La tendance à la prudence s'est généralisée, propulsant l'or vers de nouveaux sommets historiques et faisant grimper le coût de la dette, les obligations du Trésor américain vacillant sous une pression vendeuse renouvelée. Le bitcoin, qui peut s'attirer les faveurs des investisseurs lorsque les marchés traditionnels flanchent, a chuté de plus de 3%.
Les trois principaux indices américains ont enregistré leur pire performance quotidienne depuis le 10 octobre, le S&P 500 et le Nasdaq Composite passant tous deux sous leur moyenne mobile à 50 jours.
Le S&P 500 a perdu 143,15 points, soit 2,06%, pour clôturer à 6 796,86 points, tandis que le Nasdaq Composite a cédé 561,07 points, soit 2,39%, à 22 954,32. Le Dow Jones Industrial Average a reculé de 870,74 points, soit 1,76%, à 48 488,59.
L'INCERTITUDE MONTE
Mardi était la première occasion pour les investisseurs américains de réagir aux déclarations de Donald Trump faites durant le week-end, en raison du jour férié de Martin Luther King, Jr. la veille.
Parmi ces déclarations, Trump a annoncé que de nouveaux droits de douane de 10% sur les importations prendraient effet le 1er février sur les biens en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et de la Grande-Bretagne -- tous déjà soumis à des tarifs américains.
Les droits de douane passeraient à 25% au 1er juin et resteraient en vigueur jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé pour que les États-Unis achètent le Groenland, a écrit Trump dans un message publié sur Truth Social. Les dirigeants du Groenland, territoire autonome du Danemark, ainsi que ceux du Danemark, ont affirmé que l'île n'était pas à vendre.
Le retour des menaces tarifaires sur les marchés mondiaux rappelle le « Jour de la Libération » d'avril, lorsque les mesures de Trump contre les partenaires commerciaux mondiaux avaient poussé le S&P 500 au seuil du marché baissier.
L'indice de volatilité du CBOE, surnommé le baromètre de la peur de Wall Street, a bondi à 20,09 points, son plus haut niveau de clôture depuis le 24 novembre.
Les volumes d'échanges étaient également en hausse : environ 20,6 milliards de titres ont changé de mains mardi sur les places américaines, contre une moyenne de 17,01 milliards sur les 20 dernières séances.
Si le moral des investisseurs était éprouvé mardi, la question qui se pose est de savoir si le Groenland n'est qu'un épisode de vente impulsive, ou s'il pourrait avoir des conséquences plus durables sur les marchés.
Jamie Cox, associé gérant chez Harris Financial Group, a indiqué ne pas déceler de signes de fuite massive des investisseurs.
« Je ne suis pas encore prêt à dire que ce qui se passe avec le Groenland, et le retour de la menace de droits de douane, va précipiter une correction des marchés actions », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il serait surpris de voir une baisse de 3% à 5% cette semaine.
EFFET DE RICOCHE SUR LES MARCHÉS OBLIGATAIRES
Pour Cox, une action potentiellement plus significative serait une intervention des autorités japonaises sur les marchés financiers.
Les obligations d'État japonaises se sont effondrées mardi, faisant grimper les rendements à des niveaux records, tandis que la Bourse de Tokyo et le yen ont reculé après l'appel de la Première ministre Sanae Takaichi à des élections anticipées, ébranlant la confiance dans la santé budgétaire du pays.
Ces mouvements ont contribué à faire grimper le coût des obligations d'État européennes à long terme, tandis que la vente d'obligations américaines a été plus marquée sur la partie longue de la courbe.
Malgré les discussions sur les droits de douane et les mouvements notables sur les marchés obligataires, l'économie américaine reste solide.
Les investisseurs attendent cette semaine une série de nouvelles données sur la conjoncture économique américaine, notamment la troisième estimation du PIB du troisième trimestre, les indices PMI de janvier et le rapport sur les dépenses de consommation personnelle, qui constitue l'indicateur d'inflation privilégié de la Réserve fédérale.
La saison des résultats s'accélère également, avec plusieurs poids lourds de l'industrie qui doivent publier leurs chiffres trimestriels cette semaine.
Parmi eux, Netflix, qui a terminé la séance en baisse de 0,8% avant la publication de ses résultats après la cloche.





















