Wall Street : nouveaux doublés records, Cisco et Cerebras en vedettes
Wall Street termine sur un nouveau florilège de records absolus, avec des scores très homogènes (de 0,75% à 0,88%) avec un doublé "intraday/clôture" pour le S&P500 (7.517/7.501) et Nasdaq 29.678/29.580). Il s'agissait du 4ème record en 5 séances pour le 2 indices larges, du 6ème en 8 séances, du 8ème en 11 séances, avec cette fois-ci un ratio "advance/decline" positif contrairement aux 6 séances précédentes (de l'ordre de 55/45 contre à peine 40/60 la veille).
Publié le 14/05/2026 à 22:59
Le Dow Jones (+0,75%) inscrit sa 3e meilleure clôture de l'histoire à 50 064, ainsi que le Russell 2000 (+0,67% à 2 863).
À noter une IPO (introduction en bourse) explosive pour le concepteur de puces Cerebras, revendiquant une architecture de calcul entièrement dédiée à l'IA (ses clients seraient ChatGPT, Gemini ou Anthropic) : le titre s'envole de +68% vers 311 USD (prix d'IPO : 185 USD) après avoir coté 355 USD (+89%), soit une levée de 5,5 MdsUSD pour une capitalisation implicite 10 fois supérieure.
Le "VIX" continue de reculer résolument avec -3,5% vers 17,25, démontrant que plus les indices grimpent, moins les investisseurs "se couvrent".
Ce niveau de complaisance, rarement observé après une hausse de 50% des "technos" et de +18% du "S&P", est alimenté par un optimisme inébranlable concernant de futurs profits astronomiques générés par l'IA et l'espoir de retombées très favorables du voyage de 3 jours de Donald Trump en Chine.
Un exemple emblématique : après 10 ans de boycott de Boeing, les compagnies chinoises vont passer commande de 200 appareils. La Chine va commander plus de pétrole aux États-Unis (après avoir signé un méga-contrat avec le Canada il y a 2 mois), plus de céréales, etc.
Le marché espère également l'aplanissement de plusieurs dossiers épineux qui opposent Washington à Pékin (les droits de douane, l'accès aux terres rares, la souveraineté de Taïwan ou encore les liens que la Chine entretient avec Téhéran et Moscou).
Manifestement, la souveraineté de Pékin sur Taïwan constitue la véritable ligne rouge. En revanche, il y a convergence sur la réouverture du détroit d'Ormuz et la libre circulation des navires sans "péage" dans le Golfe persique.
Côté chiffres, la journée a été dense aux États-Unis : après les mauvais "CPI" (+3,8% mardi) et "PPI" (+6% mercredi), c'est au tour de l'indice des prix à l'importation de surprendre désagréablement : la hausse mensuelle est ressortie à 1,9% en avril, après une progression de 0,9% en mars.
L'indice était attendu en hausse de 1%... mais cela n'a curieusement pas d'impact sur les T-Bonds.
Il y avait également le chômage hebdomadaire, et il se dégrade : le Département du Travail des États-Unis a dévoilé une hausse de 12 000 nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage lors de la semaine du 4 mai, à 221 000 (le consensus tablait seulement sur 205 000).
Le chiffre le plus attendu concernait les ventes au détail, qui ont augmenté de seulement 0,5% entre mars et avril aux États-Unis, en ligne avec les attentes, après une hausse de 1,6% le mois précédent.
Hors automobile, la hausse passe de +1,9% à +0,7%, les ventes de meubles et articles de maison s'effondrent de +2,6% à -2%, tandis que les ventes des grands magasins dévissent littéralement de +4,9% vers -3,2%.
"L'une des grandes surprises de cette publication est que les ventes en stations-service n'ont que faiblement augmenté en avril (+1,7 MdUSD sur le mois).
In fine, la hausse des prix à la pompe n'aura occasionné qu'environ 17 MdsUSD de dépenses supplémentaires dans les stations-service sur l'ensemble des mois de mars et d'avril", commente Bastien Drut, responsable stratégie et analyse chez CPRAM.
Les ménages réduisent autant que possible leurs déplacements avec un gallon de "sans plomb" facturé plus de 4,50 USD en moyenne, et un gallon de diesel coûtant presque 1 USD de plus.
Le prix du baril risque de repartir à la hausse alors que les stocks de pétrole aux États-Unis se sont contractés de 4,3 millions de barils la semaine dernière, soit bien plus qu'anticipé (-1,6 million de barils).
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a d'ailleurs évoqué "un resserrement rapide des stocks mondiaux de pétrole" : ils sont tombés au plus bas depuis 4 ans, lors de la libération des stocks par Biden pour endiguer l'inflation proche de 10% fin 2021-début 2022.

















