Les trois principaux indices de la place new-yorkaise ont viré brutalement au rouge, chacun cédant plus de 1%. La remontée des rendements obligataires de référence, reflet du renchérissement de l'energie et des inquiétudes sur l'inflation à long terme, a offert une alternative attrayante aux actifs risqués.
Malgré ce mouvement de vente, le S&P 500 a enregistré sa septième progression hebdomadaire consécutive, sa plus longue série depuis celle de neuf semaines achevée en décembre 2023.
Le Nasdaq et le Dow Jones ont toutefois reculé sur la semaine, le Nasdaq mettant fin à une série de six semaines de hausse.
'Le marché prend conscience qu'il s'est emballé beaucoup trop vite', a déclaré Kenny Polcari, stratégiste de marché en chef chez Slatestone Wealth. 'Il n'accordait pas assez d'attention aux signaux du marché obligataire et des indicateurs économiques, trop occupé par le momentum du trade sur l'IA.'
Les prix du brut ont bondi après les déclarations belliqueuses du président américain Donald Trump et du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi. Ces propos ont jeté le doute sur la pérennité de la fragile trêve entre les deux pays et douché les espoirs d'une reprise prochaine du trafic normal dans le détroit stratégique d'Ormuz.
La rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping s'est conclue sans résultats tangibles, Pékin n'offrant aucune aide concrète pour résoudre le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.
'Il était certes encourageant de voir les deux pays renouer le dialogue au plus haut niveau. Historiquement, ce type d'evénement s'accompagne de gros titres détaillant divers engagements', a souligné Matthew Keator, associé gérant du Keator Group. 'La réunion de cette semaine a davantage ressemblé à une remise à plat des relations bilatérales qu'à l'obtention de résultats chiffrables à court terme.'
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans, baromètre du coût du crédit mondial, a touché son plus haut niveau depuis mai 2025, époque où les marchés étaient secoués par la proclamation tarifaire du 'Liberation Day' de Trump.
Les rendements obligataires mondiaux se sont également tendus face aux preuves de plus en plus nombreuses des dommages économiques causés par la guerre en Iran.
FIN DE L'ERE POWELL
Ce vendredi marque le dernier jour de Jerome Powell à la présidence de la Réserve fédérale américaine, poste qu'il a occupé à travers la pandémie, les poussées inflationnistes et les cycles de hausse et de baisse des taux d'intérêt.
Le futur président, Kevin Warsh, se voit confronté à l'eventuelle nécessité d'un relèvement des taux si une guerre prolongée en Iran devait entraîner une inflation persistante.
'La faiblesse actuelle souligne la crainte que les derniers chiffres de l'inflation ne soient pas transitoires. Il est difficile d'imaginer le nouveau président communiquer autre chose qu'une posture de neutralité, au mieux, tant que nous ne verrons pas de changement cohérent et significatif dans les données', a ajouté Keator.
La probabilité d'une hausse des taux de la Fed de 25 points de base en décembre approche désormais les 40%, contre 13,6% il y a une semaine, selon l'outil FedWatch du CME Group.
Le Dow Jones Industrial Average a perdu 537,29 points, soit 1,07%, à 49 526,17 points, le S&P 500 a lâché 92,74 points, soit 1,24%, à 7 408,50 points et le Nasdaq Composite a reculé de 410,08 points, soit 1,54%, à 26 225,15 points.
Parmi les 11 grands secteurs du S&P 500, l'energie a bondi de 2,3%. Les 10 autres secteurs ont perdu du terrain, les matériaux de base et les services aux collectivités (utilities) accusant les replis les plus marqués.
L'indice Philadelphia SE Semiconductor a chuté de 4%, plombé par les titres qui avaient profité de l'engouement pour les 'hyperscalers' de l'IA.
Nvidia et AMD ont reculé respectivement de 4,4% et 5,7%, tandis qu'Intel a dévissé de 6,2%.
Microsoft a progressé de 3,1% après l'annonce d'une nouvelle prise de participation par le hedge fund Pershing Square de Bill Ackman.
Dexcom a grimpé de 6,6% après que le fabricant de dispositifs médicaux a annoncé la nomination de deux administrateurs indépendants et la refonte d'un comité du conseil d'administration, en collaboration avec l'investisseur activiste Elliott Investment Management.
Ford a chuté de 7,5%, après une envolée de près de 21% lors des deux séances précédentes, portée par l'optimisme entourant ses activités de stockage d'energie.
Sur le NYSE, les valeurs en baisse ont dépassé les valeurs en hausse selon un ratio de 3,88 contre 1. On dénombre 128 nouveaux plus hauts et 187 nouveaux plus bas.
Sur le Nasdaq, 1 121 actions ont progressé contre 3 623 en baisse, soit un ratio de 3,23 contre 1 en faveur des baissiers.
Le S&P 500 a inscrit 12 nouveaux plus hauts sur 52 semaines et 32 nouveaux plus bas, tandis que le Nasdaq Composite a enregistré 53 nouveaux plus hauts et 151 nouveaux plus bas.
Le volume d'echanges sur les places américaines s'est elevé à 19,32 milliards de titres, contre une moyenne de 18,13 milliards sur les 20 dernières séances.

















