Washington (awp/afp) - La Bourse de New York évolue sans grand mouvement lundi, optant pour la prudence après le rejet par Donald Trump de la réponse iranienne à son plan de paix pour mettre durablement fin au conflit au Moyen-Orient.

Vers 14H05 GMT, le Dow Jones cédait 0,09%, l'indice Nasdaq grappillait 0,03% et l'indice élargi S&P 500 prenait 0,13%.

"Nous abordons cette semaine alors que la saison des résultats financiers est pratiquement terminée", cette dernière ayant "constitué un moteur important pour le marché boursier" depuis début avril, relève auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Rien d'étonnant donc selon lui au manque de dynamisme du marché.

"Nous sommes également sur la défensive dans la mesure où il ne semble pas que nous soyons plus près de rouvrir le détroit d'Ormuz que nous ne l'étions la semaine dernière", souligne M. Hogan.

La veille, le président américain s'est insurgé sur son réseau Truth Social, jugeant la copie iranienne pour mettre fin aux hostilités "TOTALEMENT INACCEPTABLE".

"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a répondu lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

"Personne ne craint vraiment" une nouvelle escalade dans la région, assure Patrick O'Hare, de Briefing.com.

La hausse de 2% des prix du pétrole représente selon lui "une réaction symbolique".

Alors que Donald Trump doit rencontrer son homologue chinois Xi Jinping en fin de semaine, les investisseurs "parient qu'il est peu probable" que le président américain "aggrave la situation de l'approvisionnement en pétrole de la Chine avant ce sommet en ordonnant un bombardement dévastateur des infrastructures iraniennes", note M. O'Hare.

La Chine est la principale importatrice de pétrole iranien.

Wall Street se prépare aussi à accueillir une volée de données économiques.

"Passer de la saison des résultats à une focalisation sur la macroéconomie n'aide pas forcément" à soutenir les indices boursiers, compte tenu des conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient, d'après Art Hogan.

Le marché s'attend notamment à une nette accélération de l'inflation du fait de la flambée des prix de l'énergie ces deux derniers mois.

"Plus cela durera, plus le risque de ralentissement de l'activité économique sera grand", prévient M. Hogan.

Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'État américain se tendait à 4,38% vers 14H00 GMT contre 4,35% à la clôture vendredi.

Côté entreprises, le laboratoire pharmaceutique Moderna (+7,83% à 58,61 dollars) était en nette hausse, porté par les craintes autour du hantavirus.

Moderna, dont l'un des produits phares a été un vaccin contre le Covid-19, a indiqué à plusieurs médias américains travailler sur une étude préclinique en collaboration avec l'armée américaine pour contrer l'émergence de cette nouvelle épidémie.

Dans son sillage, d'autres spécialistes des vaccins comme Pfizer (+1,15%), Novavax (+1,88%) et Inovio Pharmaceuticals (+0,34%) évoluaient dans le vert.

Le fabricant de semi-conducteurs Intel (+1,97% à 127,36 dollars) profitait encore de l'enthousiasme généré par ses bons résultats trimestriels, dévoilés fin avril.

Depuis la publication de ces données, le titre a pratiquement été multiplié par deux.

Les achats d'actions Micron ne faiblissaient pas non plus. Vers 14H00 GMT, l'action gagnait 4,52% à 780,58 dollars. Un mois plus tôt, son prix était de 426 dollars.

afp/cw