Dans ce climat de prudence accrue, les indices américains ont nettement reculé. Le S&P 500 a cédé 1,07% à 6 827,3 points, le Dow Jones a reculé de 0,51% pour terminer à 48 458 points, tandis que le Nasdaq 100 a enregistré la plus forte baisse avec un repli de 1,91% à 25 196,7 points.
Le titre Broadcom a plongé de 11,43%, signant la plus forte baisse du S&P 500. Le fabricant de semi-conducteurs a pourtant dépassé les attentes de Wall Street au quatrième trimestre fiscal, porté par une demande soutenue pour ses puces dédiées à l’intelligence artificielle. Mais les investisseurs se sont focalisés sur des marges jugées insuffisantes, alimentant le sentiment que la course à l’IA pourrait se faire au détriment de la rentabilité.
Cette nervosité a été renforcée par une information de Bloomberg selon laquelle Oracle accuserait un retard dans la livraison de serveurs destinés à OpenAI. Une pénurie de composants contraindrait l’hyperscaler à décaler certaines infrastructures prévues pour 2027 à 2028. Bien qu’Oracle ait démenti cette information, le titre a reculé de 4,55% sur la séance.
Dans ce contexte, l’inquiétude s’est propagée à l’ensemble du secteur. Nvidia a chuté de 3,27%, enregistrant la deuxième plus forte baisse du Dow Jones, symbole d’un regain de prudence sur les valorisations liées à l’IA.
À contre-courant, Lululemon s’est distinguée avec une progression de 9,6% après avoir relevé ses perspectives pour l’ensemble de l’exercice, soutenue par des ventes supérieures aux attentes au troisième trimestre. L’annonce du départ de son PDG, Calvin McDonald, début 2026, a également été bien accueillie par le marché, les investisseurs y voyant l’opportunité d’un nouveau cycle stratégique.
Les valeurs du cannabis ont également flambé, après des informations indiquant que le président Donald Trump envisagerait d’assouplir la réglementation fédérale sur la marijuana. Canopy Growth et Tilray Brands se sont envolées respectivement de 52,87% et 44,13%.
Sur le front monétaire, plusieurs responsables de la Réserve fédérale ont renforcé le ton prudent du marché. Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a estimé que la banque centrale aurait dû attendre davantage de données, notamment sur l’inflation, avant de procéder à une troisième baisse de taux cette semaine. S’il se dit optimiste sur une baisse plus marquée des taux l’an prochain, il a reconnu être mal à l’aise avec un assouplissement trop rapide.
Jeffrey Schmid, à la tête de la Fed de Kansas City et également opposé à la baisse décidée cette semaine, a rappelé que l’inflation restait trop élevée et que la politique monétaire devait demeurer "modérément restrictive". À l’inverse, Anna Paulson, présidente de la Fed de Philadelphie, a indiqué être davantage préoccupée par l’affaiblissement du marché de l’emploi que par un éventuel rebond de l’inflation.
Dans ce contexte mêlant doutes sur la tech, tensions autour de l’IA et divergences au sein de la Fed, Wall Street conclut la semaine sur une note de prudence marquée.



















