Le spécialiste des paiements Worldline a dévoilé jeudi un projet de levée de fonds de 500 millions d'euros (583 millions de dollars), s'appuyant sur certaines des plus grandes banques françaises pour financer une stratégie de redressement après plusieurs années de difficultés.

Cette augmentation de capital, prévue en deux temps, débutera par une émission réservée d'actions de 110 millions d'euros à Bpifrance, Crédit Agricole et BNP Paribas, suivie d'une augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription d'un montant de 390 millions d'euros, ouverte à l'ensemble des actionnaires.

Les trois établissements bancaires se sont engagés à souscrire environ 135 millions d'euros lors de cette opération avec droits préférentiels.

À l'issue de cette levée de fonds, attendue au premier trimestre 2026, Bpifrance détiendra 9,6 % du capital de Worldline, Crédit Agricole 9,5 % et BNP Paribas 7,9 %.

L'opérateur suisse de la bourse SIX Group, principal actionnaire de Worldline, a annoncé accepter la dilution de sa participation, indiquant qu'il ne participerait pas à l'augmentation de capital. SIX anticipe une dépréciation de 550 millions de francs suisses (693,48 millions de dollars) sur sa participation dans Worldline et a précisé qu'il la gérera désormais comme un investissement financier.

UN NOUVEAU PLAN QUI NE RASSURE PAS LES INVESTISSEURS

Cette initiative n'a pas apaisé les marchés : l'action Worldline a chuté de plus de 6 % jeudi, atteignant un nouveau plus bas historique.

Le directeur général Pierre-Antoine Vacheron a écarté les inquiétudes selon lesquelles l'entreprise, valorisée 581 millions d'euros mercredi, pourrait devenir une cible de rachat malgré ce nouvel apport financier.

« Nous bénéficions d'un soutien très solide de la part d'actionnaires de référence, qui sont de très grandes institutions financières européennes », a déclaré M. Vacheron lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes. « Quand on regarde la concurrence, elle n'est pas vraiment en meilleure posture. »

Dans une note, les analystes de J.P. Morgan estiment que ce nouveau plan confère une certaine crédibilité à l'entreprise, mais que les investisseurs attendront des preuves concrètes de stabilisation.

Détachée du groupe informatique Atos en 2014, Worldline était une valeur phare du secteur technologique français avant de voir sa capitalisation boursière chuter d'environ 97 % par rapport à un sommet de plus de 20 milliards d'euros atteint en 2021.

L'entreprise a été confrontée à des difficultés telles que la fidélisation de ses clients, des avertissements répétés sur ses résultats, une instabilité de sa gouvernance, et un ralentissement général des dépenses de consommation qui a pesé sur l'ensemble du secteur des paiements.

Une enquête pénale pour soupçons de blanchiment de capitaux au sein de sa filiale belge a également terni sa réputation.

UN RETOUR À LA CROISSANCE ATTENDU À PARTIR DE 2027

Jeudi, Worldline a fixé de nouveaux objectifs à long terme : une croissance annuelle du chiffre d'affaires de 4 % entre 2027 et 2030, un résultat opérationnel de 1 milliard d'euros et un flux de trésorerie libre positif dès 2027.

Le groupe français précise que l'année 2026 sera une année de transition, avec des pressions attendues sur la rentabilité et la génération de liquidités.

La cession programmée de sa division mobilité, de ses activités nord-américaines et de son pôle gestion électronique de données devrait générer jusqu'à 400 millions d'euros de liquidités, selon Worldline.

(1 dollar = 0,8575 euro)

(1 dollar = 0,7931 franc suisse)