Paris (awp/afp) - Le spécialiste des paiements électroniques Worldline réunit jeudi ses actionnaires en assemblée générale dans un climat tendu après plusieurs trimestres de déconvenues.

Pannes, dégringolade en Bourse, sortie du CAC 40, comptes dans le rouge, plan de départs... rien n'aura été épargné au prestataire français du paiement Worldline ces neuf derniers mois.

L'entreprise fait par ailleurs face à la fronde d'un fonds activiste, Bluebell Capital Partners, appuyé en début d'année par un autre actionnaire, Harris Associates, selon le quotidien Le Monde.

Afin d'apaiser les tensions avec ses actionnaires, Worldline a annoncé le 21 mars le resserrement de son conseil d'administration, de 15 à 12 membres, en plus des 2 administrateurs salariés.

La société proposera jeudi au vote de ses actionnaires l'élection de Wilfried Verstraete, ancien patron de l'assureur-crédit Euler Hermes, pour remplacer l'actuel président par intérim Georges Pauget, qui a pris la suite de Bernard Bourigeaud, décédé en décembre dernier.

Sera aussi proposé comme administrateur de l'ancienne filiale d'Atos le directeur général délégué de Crédit Agricole S.A., l'entité cotée du Crédit Agricole, Olivier Gavalda.

Après l'annonce de la création d'une coentreprise en avril 2023, les liens entre Worldline et Crédit Agricole se sont resserrés en début d'année, à la faveur d'une montée de la banque française au capital du spécialiste du paiement.

Le discours du directeur général Gilles Grapinet est également très attendu par ses actionnaires.

Il devrait évoquer le plan d'économies décidé en début d'année, touchant jusqu'à 8% de ses 18.000 collaborateurs dans le monde, soit environ 1.400 personnes, et les récentes annonces en matière d'activité.

Worldline a par exemple annoncé le 14 mai un partenariat avec Visa pour l'émission de ses premières propres cartes virtuelles à destination des agences de voyage en ligne.

Mais la société, qui se rémunère en commissions sur les paiements de ses clients, subit toujours des vents contraires dans son activité principale.

L'inflation a en effet profité à certains commerçants de taille significative, comme les acteurs du "hard discount", moins rentables pour Worldline.

Et le cours de Bourse peine à décoller depuis le gadin historique du 25 octobre dernier, à la suite de la publication des résultats financiers du troisième trimestre 2023.

L'action a clôturé mercredi à 11,51 euros, trois fois moins qu'il y a un an et très loin du pic atteint à l'été 2021, au-dessus des 85 euros.

afp/ol