BNP Paribas a annoncé mardi avoir finalisé l’acquisition d’AXA Investment Managers, opération qui propulse la banque française parmi les cinq plus grands gestionnaires d’actifs en Europe. Le groupe continue néanmoins de discuter avec les régulateurs de l’impact de cette acquisition sur son ratio de fonds propres, après que la BCE s’est opposée au traitement prudentiel favorable qu’espérait BNP.

La nouvelle entité regroupe plus de 1 500 milliards d’euros d’actifs sous gestion, ce qui la place derrière Amundi, UBS Asset Management et Allianz (incluant PIMCO). L’opération, conclue l’an dernier pour 5,1 milliards d’euros, permet à BNP de renforcer sa présence sur le marché européen de la gestion d’épargne à long terme pour le compte d’assureurs et de fonds de pension, avec environ 850 milliards d’euros gérés dans ce segment. Le groupe se positionne également comme un acteur majeur des ETF en Europe et entend accélérer dans les actifs privés.

Initialement, BNP comptait racheter AXA IM via sa filiale d’assurance Cardif, afin de bénéficier du mécanisme dit du "compromis danois", qui permet un traitement plus souple des exigences en capital pour les banques détenant des assureurs. Mais une évaluation menée plus tôt cette année par la Banque centrale européenne a remis en cause cet espoir, contraignant BNP à revoir ses projections de rentabilité à la baisse.

Le groupe a confirmé lundi que l’impact sur son ratio CET1 serait d’environ 35 points de base, contre 25 points initialement anticipés. Les discussions avec les autorités de supervision se poursuivent.

BNP Paribas prévoit de faire un point sur l’évolution du dossier lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre, le 28 octobre.

Dans le cadre de cette réorganisation, Sandro Pierri, actuel directeur général de BNP Paribas Asset Management, prendra la tête de l’activité de gestion d’actifs du groupe. Marco Morelli, président exécutif d’AXA IM, deviendra président du conseil de cette nouvelle entité.